‹ Poèmes ironiquesChapitre 22 sur 79 · PAUVRE CHANSON D'HIVER · texte numérisé non relu

PAUVRE CHANSON D'HIVER

Ah ! pauvre ciel perclus, fond d'azur mal appris, Te voilà barbouillé comme un cœur de malade. L'asphalte de Lulèce a l'air d'une panade... Gomme il fait gris I

Les vagabonds brouillards s'enroulent et jouissent; Des ombres de passants, là-bas, s'évanouissent. Les femmes de plaisir pleurent plus qu'on ne croit : Il fait si froid I

Temps d'ouate, charmant le regard de l'artiste, Et berçant les pensers sur un ciel d'édredon ; Mais pour les amoureux, frileux sous l'abandon, Il fait bien triste !

Par pitié rendez-moi la lumière du jour, Chers pays de là-bas, cigales monotones,

Quand sous les verts rameaux, en l'oubli des automnes S'en vient l'amour.

Ce nuageux hiver brise toute ma joie I Car mon cœur défleuri sous l'averse se noie, Jusqu'au jour, où, sur mon cercueil, noir coffre-fort, Tiendra la morU

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