‹ Poèmes ironiquesChapitre 36 sur 79 · JOUR DE PLUE · texte numérisé non relu

JOUR DE PLUE

Que, fîls des dieux païens, forces ayant de- droits, Vous secouiez le joug des hypocrites lois ; Que nous vivons de chic; que vous viviez de vie, Laissant vos passions courir à belle envie ; Et, lorsque la beauté se montrait à v^os yeux, Nlmporte où, la prenant entre vos bras joyeux, Et posant des baisers, loin des purs et des mièvres, Sur les fleurs du chemin et sur toutes les lèvres : Car la volupté seule est certaine ici-bas.

Et Tristan alangui murmura : « Pourquoi pas? »

Au fond de tout sportsman il y a le lycée.

Or, Jack, l'inconscient, sentait qu'une pensée

Etrange le couvait dans les yeux de Tristan ;

Il avait un sourire en velours, irritant :

La neuve puberté le colorait de rose.

Tristan lui dit : a Approche ! » — Il y eut une pose.

Puis ayant pris l'enfant, d'ardeur il 1 erabiasba

Et lui dit : (v Mais va-t-en, et plus vite que ça! »

Puis ivre, manquant d'air, il ouvrit la fenêtre, Huma la bise humide et se sentit renaître : Un ciel noir, et des champs mornes — à peine jour Midi dans un sépulcre, et midi dans uii iour ! —

La route déroulant comme un ruban de suie, Des ornières, des tas de boue — et, sous la pluie, Un troupeau de moutons sordides — auprès d'eux Le berger en haillons fripés, le front hideux — Eglogue des pays du Nord ! 0 nymphe antique, Grèce ! Pipeaux brisés, et morte bucolique ! Ex-Faunes attristés changés en mendiants. Tityres en sabots. Gorydons larmoyants ! 0 vices du soleil sans soleil : noir cortège !

Et Tristan s'écria : « Mais à quoi donc pensé-je ? »

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