JOUR DE PLUE
Que, fîls des dieux païens, forces ayant de- droits, Vous secouiez le joug des hypocrites lois ; Que nous vivons de chic; que vous viviez de vie, Laissant vos passions courir à belle envie ; Et, lorsque la beauté se montrait à v^os yeux, Nlmporte où, la prenant entre vos bras joyeux, Et posant des baisers, loin des purs et des mièvres, Sur les fleurs du chemin et sur toutes les lèvres : Car la volupté seule est certaine ici-bas.
Et Tristan alangui murmura : « Pourquoi pas? »
Au fond de tout sportsman il y a le lycée.
Or, Jack, l'inconscient, sentait qu'une pensée
Etrange le couvait dans les yeux de Tristan ;
Il avait un sourire en velours, irritant :
La neuve puberté le colorait de rose.
Tristan lui dit : a Approche ! » — Il y eut une pose.
Puis ayant pris l'enfant, d'ardeur il 1 erabiasba
Et lui dit : (v Mais va-t-en, et plus vite que ça! »
Puis ivre, manquant d'air, il ouvrit la fenêtre, Huma la bise humide et se sentit renaître : Un ciel noir, et des champs mornes — à peine jour Midi dans un sépulcre, et midi dans uii iour ! —
La route déroulant comme un ruban de suie, Des ornières, des tas de boue — et, sous la pluie, Un troupeau de moutons sordides — auprès d'eux Le berger en haillons fripés, le front hideux — Eglogue des pays du Nord ! 0 nymphe antique, Grèce ! Pipeaux brisés, et morte bucolique ! Ex-Faunes attristés changés en mendiants. Tityres en sabots. Gorydons larmoyants ! 0 vices du soleil sans soleil : noir cortège !
Et Tristan s'écria : « Mais à quoi donc pensé-je ? »