‹ Poèmes ironiquesChapitre 42 sur 79 · VI H · texte numérisé non relu

VI H

— Depuis! les Polonais, gens à faces vermeilles. Nous imposent par an cinq milliards de bouteille- A boire, et nous payons, buvant. Depuis ce temps, Sur le marbre des beaux cafés et restaurants, Sur le comptoir de zinc, ou la nappe rougie, Sur la terre et la mer, debout, règne TOrgie.

NOCÏAMBULISME

Très fatigué, le poète

Quitta la fête,

L'opéra du Carnaval,

Le grand bal,-

Lt sa maigre silhouette

Gomme un feu follet S'avançait dans la nuit Lrunc, Avec un reflet Du clair de la lune.

Par la nuit mélancolique,

Peu bucolique.

Il emportait dans ses yeux

Soucieux Le souvenir diabolique

NOGTAMBLLISME 97

Des quadrilles fous, Et cette valse importune D'un rythme si doux...

Au clair de la lune.

Tout à coup dans le ciel soml-re,

Il vit une ombre, Qui monta d'un pas subit

Au zénith. Puis il en vit un grand nom!)re,

En procession, Oui s'élevait sans aucune Conversation, Au clair de la lune.

11 aperçut Colombiiie

Faisant la mine A son amant, le pasquin

Arlequin, El puis, tramant sa débine, Un Pierrot chicard.

Et la Pierrette brune

Faisant un écart, Au clair do la lune.

Madame Polichinelle

En péronnelle, Avec ses bosses qui sont

Deux de front ; Et, dans une ritournelle.

Quatre gros messieurs, Pour faire un trou de fortune»

Sautant jusqu'aux cieux, Au clair de la lune.

Des pompiers, des fous, des pîtrc?.

Et des bélîtres, Tiennent du monde d'en-bas

Par gros tas :

Et, plus ivres que des litres,

Des mahométans, Chacun avec sa chacune Dansant tout le temps.

Au clair de la lune.

Ei puis des violonistes, El des cornistes,

Page 1