A L'AUTEL R DES PERVENCHES
A EMILE GOLDE.VU.
« Toi qui pleures d'amour sous ton rire Hiiqueur, « Accepte ce recueil plein de \isions blanchei;, « Puisse-t-il ramener l'Espérance en ton cœur, « Et rendre à ton ciel noir la couleur des pervenches ' Georges Golri>o?7.
Pour rendre à mon ciel noir la couleur des pervenclie:
Poète ami, chanteur florentin qui t'épanches
En refrain» colorés des roses du printemps,
Il me faudrait avoir vécu d'une autre sorte,
Revenir en arrière et défoncer la porte
Des jours où pour jamais sont murés mes vingt ans.
J'ai passé mon enfance à l'ombre des églises:
Les prêtres m'enseignaient des légendes exquises,
Du latin et du grec, et l'art de saluer.
Le grec est mort, et mort le vieux christianisme.
Je fais profession nette de darwinisme.
J'ai souvent eu l'affreux désir de me tuer.
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Je rêvais de vertu, d'héroïsme ou de gloire — Quelque chose de grand à faire dans l'histoire — Quelque chose d'honnête au moins, et de fécond. Je sais tenir la main et ponter sur la banque, Je couche avec Gothon, et quand la femme manque, Je me colle la lèvre aux lèvres d'un flacon.
Toi, tu connais encor forêts de fleurs fleuries, Tu vois, sous le soleil, au lointain des prairies Doucement s'iriser la brume de l'étang.
Moi, parmi les railleurs que l'alcool émancipe, J'ai pour tout horizon une brume de pipe, Sous les soleils de gaz qui me brûlent le sang.