‹ Poèmes ironiquesChapitre 52 sur 79 · RETOUR · texte numérisé non relu

RETOUR

Car novembre e?t venu ; la bise se lamente, La Nature gémit — se rappelant ses deuils; Le père Pan très sombre enclôt dans des cercueils Roses et papillons péris dans la tourmente.

L'Océan, secouant sa crinière écumante, Guette les yachts joyeux au détour des écueils; Les veaux gras sont mangés, et près des vastes seuils Les loups viennent ravir la carcasse dormante.

L'Hiver, huissier farouche, apporte des frimas; Il a son chapeau gris, et l'on voit sous son bras Les catarrhes timbrés et les rhumes à terme.

Comme un feu d'artifice éteint, déjà rouillé. Sans pétard d'oiselets, sans fleurettes en germe, Le bois brumeux et noir se dresse dépouillé.

0 Pan ! La cité grande où la tourbe fourmille, N'est que la concubine, et toi, c'est lafamille, Toi ! c'est le jour, la vie honnête, le repos, Les vins non frelatés écumant dans les pots; Mais si tu redeviens le vieux père qui giffle Et si maman Nature a pleuré — le traiu siffle,

Ouvrant ses yeux rêveurs pour lorgner l'horizon!

Ne pleure pas, maman Nature, sans raison;

Car elle est belle aussi, la cité concubine,

Mangeuse de santé formidable et câline.

Tes fils sont mis à neuf de cervelle et de sang!

Laisse-leur voir, la nuit, le gaz éblouissant —

Pour jusqu'à l'an prochain. — Eh, messieurs, en voiture!

Au revoir, papa Pan, bonsoir, maman Nature.

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