LES DEUX VOITURES
La voilure noire n'est rien Auprès de la voilure verte.
Trois ou quatre messieurs très bien S'avancenl, d'un pas fort inerle, Précédant le corbillard noir Qui s'en va sous ses draperies, Avec un panache au bossoir Et des immorlelles fleuries.
Les passants lui disent : Bonsoir!
Et plus loin on voit les figures Des bourgeoises et des bourgeois, Encadrés comme des gravures Par les quatre morceaux de bois De la portière des voitures.
Et processionnellement Des gens à pied causent afl'aires ; Par savoir-vivre ils ne rient guères!
Et c'est un bel enterrement.
lôh POÈMES IRONIQUES
Il sVn va par les avenues, Ayant le pas sur les tramways, Sous l'œil des gardiens de la paix, Parmi les foules mi-émues.
Dans les faubourgs tumullueivx, Au salut discret des cocottes, Au signe de croix des dévotes, Il s'avance majestueux.
L'enterrement n'e.-t qu'une fêle!
Et l'on revient, l'esprit dispos, De ce lointain champ de repos.
Avec une fringale prête, Et de la soif pour plusieurs pots.
Bast! c'est chose si triviale, On en rencontre tant dehors De corbillards à croque-morts, Qu'il faut être provinciale, ^ladame, pour perdre un moment A voir passer l'enterrement.
Mais ce qui m'effraie et me glace, Et ce qui me cloue à ma place, Muet d'une indicible horreur, C'est l'affreuse voiture verte, Caisse hermétiquement couverte