CE QUE DIT LE SAVANT
Dans un envolement subit, Ne t'enfuis pas vers le zénith,- Hors du Système Planétaire,
Accable-toi de lourds fardeaux, Et, comme un arc pliant le dos, Accroche tes pieds à la Terre.
Le Gaz et l'Elasticité
En vain t'auront parfois tenté,
Car ta solidité te juge.
Si l'hyperbolique Vapeur
T'a bercé d'un désir trompeur,
Gare à la Force Centrifuge.
Ton désir trop aérien, Pour te précipiter au Rien, Le long des Tangentes te guette; Mais, si tu conserves le goût D'être Quelqu'un dans le Grand Tout, Garde la Force Centripète.
Tes yeux visent les astres d'or!
Heureusement ton pas, butor, Te rappelle qu'il est des pierres.
L'astrologue choit dans un puits!
Que la lune erre par les nuits.
Veille à les pieds, clos tes paupières.
LA TERRF. DE PROnU^TE iso
Loin du nuage souverain, Ferme ton cœur dans son écrin, Mets ton charbon dans de la glace.
Brûler ne dure qu'un moment :
Il faut devenir diamant Pour vivre toujours dans l'espace.
Ah! Diamant, lance des feux!
Détruis les astres, si tu veux, En les distillant dans ton prisme!
Que, méprisant les cœurs usés, Nos cerveaux soient cristallisés Dans le plus lerreste égoïsme!
vu
Alors, aussi froids que des morts, Ayant de l'eau fondue au corps. Plus de sang, de nerfs, ni de ventre, Nous nous ficherons du Soleil !
Et nous tournerons, sans réveil, Sur notre Moi, devenu Centre.
190 POÈMES lUOMQUES