‹ Poèmes ironiquesChapitre 75 sur 79 · CE QUE DIT DIOGÈNE · texte numérisé non relu

CE QUE DIT DIOGÈNE

Ecoule-moi, mon pauvre enfant, tout ça. c'est mi::ceî Paris est un pays-bourreau, mais la province

Est sotte comme un baldaquin; La Mappemonde énorme est cruelle ou niaise; Là-haut, néant ! La vie? une belle foutaise,

Comme dit saint Thomas d'Aquin.

Oust! la philosophie absurde des faux frères! Le oui, le non, le pour, le contre, les contraires,

Heurtant l'esprit incongrûment!

A quoi bon cette escrime assommante, ces boxes? Vivre de préjugés! Mourir de paradoxes!

Ah ! zut pour le gouvernement !

Ce n'est pas amusant d'être Colomb Christophe Devant monsieur Pasteur, ce rusé philosophe

Qui croit tout le monde enragé !

Mais c'est nauséabond de régler sa conduite A l'ornière des vieux, des maîtres et la suite,

Grande route du Préjugé !

Le Progrès? découvrir un ange dans un homme! Cours à l'Observatoire, et montes-y voir comme Les Astres se foutent de nous.

LA TERRE DE PROCUSTE

A quoi sert de crier : 0 Science, ô ma mère? De hurler à des sourd? aveugles sa chimère, En tirades de quatre sous?

On a bien, comme un autre, ausculté ces problèmes; Mais j'ai brisé ma plume, et vivrai mes poèmes,

Tant que ma carcasse voudra.

Étonnez-vous, bourgeois, que nous soyons ivrognes,. Que nous lichions l'alcool de toutes les Bourgognes,

Et de tous les et cœtera.

Le tonneau de Diogène emporte à la dérive

La vie où l'on s'en va, sans qu'on sache qu'on vive :

Le matin poussé par le soir.

Un suicide lent, doux et somnambulique!

Le restaurant bizarre et la fille publique,

La brasserie! un éteignoir.

Éteignoir et Soleil ! tout vire sur la' terre ! L'Éleignoir redressé va devenir ce verre,

Où luit l'Alcool ensoleillé !

D'un Idéal confus le Rêve nous enjùle!

Puis un soir, la Mort vient nous pousser dans sa geùle,

Où Ton tombe, enfin réveillé !

l.'j POÈMES IKOMQUES

YIII

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