CE QUE DIT DIOGÈNE
Ecoule-moi, mon pauvre enfant, tout ça. c'est mi::ceî Paris est un pays-bourreau, mais la province
Est sotte comme un baldaquin; La Mappemonde énorme est cruelle ou niaise; Là-haut, néant ! La vie? une belle foutaise,
Comme dit saint Thomas d'Aquin.
Oust! la philosophie absurde des faux frères! Le oui, le non, le pour, le contre, les contraires,
Heurtant l'esprit incongrûment!
A quoi bon cette escrime assommante, ces boxes? Vivre de préjugés! Mourir de paradoxes!
Ah ! zut pour le gouvernement !
Ce n'est pas amusant d'être Colomb Christophe Devant monsieur Pasteur, ce rusé philosophe
Qui croit tout le monde enragé !
Mais c'est nauséabond de régler sa conduite A l'ornière des vieux, des maîtres et la suite,
Grande route du Préjugé !
Le Progrès? découvrir un ange dans un homme! Cours à l'Observatoire, et montes-y voir comme Les Astres se foutent de nous.
LA TERRE DE PROCUSTE
A quoi sert de crier : 0 Science, ô ma mère? De hurler à des sourd? aveugles sa chimère, En tirades de quatre sous?
On a bien, comme un autre, ausculté ces problèmes; Mais j'ai brisé ma plume, et vivrai mes poèmes,
Tant que ma carcasse voudra.
Étonnez-vous, bourgeois, que nous soyons ivrognes,. Que nous lichions l'alcool de toutes les Bourgognes,
Et de tous les et cœtera.
Le tonneau de Diogène emporte à la dérive
La vie où l'on s'en va, sans qu'on sache qu'on vive :
Le matin poussé par le soir.
Un suicide lent, doux et somnambulique!
Le restaurant bizarre et la fille publique,
La brasserie! un éteignoir.
Éteignoir et Soleil ! tout vire sur la' terre ! L'Éleignoir redressé va devenir ce verre,
Où luit l'Alcool ensoleillé !
D'un Idéal confus le Rêve nous enjùle!
Puis un soir, la Mort vient nous pousser dans sa geùle,
Où Ton tombe, enfin réveillé !
l.'j POÈMES IKOMQUES
YIII