‹ Poèmes ironiquesChapitre 76 sur 79 · CE QUE DIT LE VOLUPTUEUX · texte numérisé non relu

CE QUE DIT LE VOLUPTUEUX

Je suis de Sybaris, et j'aime le plaisir. J'accepte, nonchalant, tout ce qui coïncide Avec la volupté chère de mon loisir.

A l'horizon humain je borne mon désir; A qui n'en voudrait plus, j'offre le suicide.

J'ai pour le? exilés qui pleurent le terrain. Où leurs pères défunts, où leurs fils morts séjournent, Le mépris le plus calme et le plus souverain ; Je déteste tous ceux qui soupirent en vain. S'ils aiment leur pays natal, qu'ils y retournenll

Je hais les amoureux fidèlement transis, Ou classiques, ei^ant sur la Carte du Tendre, Ou romantiques noirs, fronçant d'épais so.nrcil^

Pour jeter à la Lune, en strophes, lenrs <()iir'>\

Quand on veut une femme aimée, il faut la pi-eiiili,',

La Terre, lit étroit où nous sommes cloués! 11 faul l'orner des fleurs et des yeux enjoués,

LA TERRE DE PROCUSTE 193

Dos lèvres, des parfums et de tout ce que donne Ou l'Avril des forêts ou le Paris d'automn..-. Aimons, si nous pouvons! parfois soyons aimés! Roulons jusqu'à la mort étroitement pâmés. Le linceul de l'Amour sera notre suaire, 0 femmes ! mais avant le repos mortuaire, Dans l'adoration de votre ciel- de-lit, Par vos mensonges doux bercez mon front pâli! Et vous me guérirez, brunes, rousses ou blondes, Vertigineusement du vertige des mondes.

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