MYSTICA-REALE
Peut-être évoquerai-je un instant mon enfance
Et tout ce qu'autrefois j'ainnai ; Mais le mystique Amour, me trouvant sans défense,
M'aura bien vite désarmé.
Moi, sceptique, j'aurai pour vous la morne extase
Du plus hystérique béat.
Allons donc vers ce temple à l'heure où la nuit i^aze
L'Angelus et TAUeluia.
ÏT
Mais puisque j'ai cédé, mignonne, à ton caprice
En refoulant les vieux parvis.
Où le Dies Irœ terriblement hérisse
Les cheveux des dévots ravis, Viens ! ton lit entr'ouvert appelle le blasphème
Et la païenne impiété.
Viens, Mystica-Reale, avec moi, viens, je t'aime,
Dans ta chair belle de santé.
Oublions le remords et clouons bouche abouche
D'angéliques baisers impurs; Tes seins marmoréens et ta hanche farouche
Pour la jouissance sont mûrs; L'encens des jeunes clercs t'a mis du vague à l'ame ;
J'en prends un goût de Séraphin; Sur la couche réelle où tu redeviens femme
Je veux m'extasier saus fin.