‹ Poèmes ironiquesChapitre 8 sur 79 · MYSTICA-REALE · texte numérisé non relu

MYSTICA-REALE

Peut-être évoquerai-je un instant mon enfance

Et tout ce qu'autrefois j'ainnai ; Mais le mystique Amour, me trouvant sans défense,

M'aura bien vite désarmé.

Moi, sceptique, j'aurai pour vous la morne extase

Du plus hystérique béat.

Allons donc vers ce temple à l'heure où la nuit i^aze

L'Angelus et TAUeluia.

ÏT

Mais puisque j'ai cédé, mignonne, à ton caprice

En refoulant les vieux parvis.

Où le Dies Irœ terriblement hérisse

Les cheveux des dévots ravis, Viens ! ton lit entr'ouvert appelle le blasphème

Et la païenne impiété.

Viens, Mystica-Reale, avec moi, viens, je t'aime,

Dans ta chair belle de santé.

Oublions le remords et clouons bouche abouche

D'angéliques baisers impurs; Tes seins marmoréens et ta hanche farouche

Pour la jouissance sont mûrs; L'encens des jeunes clercs t'a mis du vague à l'ame ;

J'en prends un goût de Séraphin; Sur la couche réelle où tu redeviens femme

Je veux m'extasier saus fin.

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