JESUS-CHRIST
Je suis TÂgneau divin, fils de la Vierge mère, Qu'adora deux mille ans Tunivers à genoux; Je suis le bon Pasteur, le Sauveur de la terre. vous pour qui mon sang coula sur le Calvaire, . Me reconnaissez-vous?
Maintenant la science a brisé ma couronne, Aux quatre vents du ciel mon nom est blasphémé; Mes saints même ont douté, le monde m'abandonne; Pour la seconde fois je meurs et le pardonne, Mon peuple bien aimé.
Que t*avais-je donc fait? Sur cette froide terre.
En tous lieux du plus fort régnait la dure loi .
J'ai dit au faible : Heureux celui qui pleure I Espère,
Prie et souffre en silence, et là-haut de mon Père Lo royaume est à toi.
Ij'homme voulait sonder la divine puissance.
Aux sages orgueilleux j'ai dit : Prosternez-vous; Le doule est le seul fruit de l'arbre de science; Pour arriver à Dieu, soyez comme renfance, Humbles, chastes et doux.
La superbe vertu des heureux de la terre Voulait des flots de sang pour laver une erreur : Du pécheur contristé j'ai béni la prière, Et je n'ai demandé de la femme adultère Qu'une larme chi cœur
Partout régnait Torgueil, partout le vice immonde ; Les peuples s'endormaient dans leur iniquité. .Fai fait briller ma croix dans cette nuit profonde, .l'ai lavé dans mou sang les souillures du monde, Et je l'ai racheté.
Et cependant, Seigneur, dans le fond du calice Si ma lèvre a laissé quelques gouttes de fiel, Si pour les racheter c'est trop peu d un supplice, Je puis encor, Seigneur, m'offrir en sacrifice Pour leur ouvrir ton ciel.
Mais non, tout est fini : Tàge nouveau commence. Adieu, divine foi ! Thomme a fermé son cœur; Il a sacrifié Tamour à la science.
Autrefois il croyait, et maintenant il pense : Le serpent est vainqueur.
Sagesse humaine, ô toi qu'à ma place je laisse ! Est-ce toi qui diras : Enfants, venez à moi?
Non, ton dieu, c'est l'orgueil : il proscrit la faiblesse. Je rentre dans la nuit incréée, ô sagesse !
Sans fléchir devant toi.
PROMETHEE.
Et tu le peux, ô Christ! Dans son pèlerinage, Emporté par le temps vers un nouveau rivage, Le monde 5 tes genoux tombe avant de partir.
Bénis-le, Saint des saints, pour qu'il suive sa route. 11 esl passé le temps du blasphème et du doute : Christ, bénis l'avenir!
Les dieux peuvent mourir, car les dieux sont d'argile; Mais toi, tu n'étais pas de ce limon fragile Dont le prêtre pétrit l'idole du saint lieu.
Les dieux veulent du sang : tu voulais des prières. Tu nous aimas, Jésus, tu mounis pour tes frères, Tu n'étais pas un dieu .
PREMIER DËMI-GHŒUK.
Christ, vas-tu nous quitter? Christ, vois notre misère!
Qui nous consolera de Texil de la terre, Si tu fermes ton ciel?
DEUXIEME DEMI-CUŒUK.
Adieu, Christ! avec toi que le néant reprenne Cet abîme où devait tomber la race humaine, Ton enfer éternel.
PREMIER DENI-CUŒCR.
Élus du ciel, enfants, vierges immaculées, Ne conduirez-vous plus, phalanges étoilées, Les chœurs du paradis?
DEOXIÈMK DEMI-CHŒUR.
Les chants de tes élus, dont seul tu sais le nombre, Suffiront-ils, ô Christ! pour étouffer dans Tombre La plainte des maudits?