PARNY ET BERTIN
Apôtres de l’amour, chantres de la beauté, Deux rivaux se sont disputé L’honneur de la palme érotique :
C’est à Parny qu’il est resté.
De ce jargon métaphysique*
Si faux, si lourd* si brillante.
Qui , jadis , nous fut apporté
Par Dorât et par son école,
Il fit sentir la nullité;
Et de son éclat emprunté Lui-mpme dépouillant l’idole ,
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Montrant sa maigre nudité,
Dispersa la troupe frivole .
Des Lycoris et des Myrte.
Bertin, la démarche plus fière,
. Étalant ses rithmes nombreux ,
D’un pas de conquérant entra dans la carrière ;
Et , plus poète qu’amoureux ,
Sut, par un mélange bizarre ,.
Aux sons voluptueux de la molle cithare.
Mêler du fifre aigu les accents belliqueux.
Il caressa Vénus pour obtenir la gloire ;
L’amour, qui de ses chants heureux Doit être le sujet , n’en est que l’accessoire. -
Parny d’un ton moins haut fait raisonner sa voix;
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Il aime, il chante Éléonore :
Assis à ses genoux, il prend son luth sonore,
La regarde, soupire, et laisse errer sesjdoigts.
Sur ma jeunesse si fragile,
Parny , quel fut ton ascendant !
Même aux jours de l’enfance , écolier imprudent ,
- Te cachant d’une main agile ,
Je te lisais sous les yeux d’un pédant ,
Et te donnais le pas sur Horace et Virgile ,
Qui te valent bien cependant.
Mon luth, comme le tien, célébra la tendresse;
Comme toi, j’àdorai, je chantai ma maîtresse, Et comme toi je fus trompé.