‹ Poemes, odes, epitres, et poesies diversesChapitre 23 sur 25 · PARNY ET BERTIN · texte numérisé non relu

PARNY ET BERTIN

Apôtres de l’amour, chantres de la beauté, Deux rivaux se sont disputé L’honneur de la palme érotique :

C’est à Parny qu’il est resté.

De ce jargon métaphysique*

Si faux, si lourd* si brillante.

Qui , jadis , nous fut apporté

Par Dorât et par son école,

Il fit sentir la nullité;

Et de son éclat emprunté Lui-mpme dépouillant l’idole ,

a36 PARNY ET BERTIN.

Montrant sa maigre nudité,

Dispersa la troupe frivole .

Des Lycoris et des Myrte.

Bertin, la démarche plus fière,

. Étalant ses rithmes nombreux ,

D’un pas de conquérant entra dans la carrière ;

Et , plus poète qu’amoureux ,

Sut, par un mélange bizarre ,.

Aux sons voluptueux de la molle cithare.

Mêler du fifre aigu les accents belliqueux.

Il caressa Vénus pour obtenir la gloire ;

L’amour, qui de ses chants heureux Doit être le sujet , n’en est que l’accessoire. -

Parny d’un ton moins haut fait raisonner sa voix;

PARNY ET BERTIN. a3 7

Il aime, il chante Éléonore :

Assis à ses genoux, il prend son luth sonore,

La regarde, soupire, et laisse errer sesjdoigts.

Sur ma jeunesse si fragile,

Parny , quel fut ton ascendant !

Même aux jours de l’enfance , écolier imprudent ,

- Te cachant d’une main agile ,

Je te lisais sous les yeux d’un pédant ,

Et te donnais le pas sur Horace et Virgile ,

Qui te valent bien cependant.

Mon luth, comme le tien, célébra la tendresse;

Comme toi, j’àdorai, je chantai ma maîtresse, Et comme toi je fus trompé.

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