ODES, EPITRES, DISCOURS
ODE
Lhaste nymphe de Belleville, Verse sur moi l'ombre et le frais; Le voisinage de la -s ÎIle N'a pas flétri tous tes attraits ; Apparais-moi simple et riante; Marche toujours devant mes pas , Avec ta robe verdoyante, Et ta couronne de lilas.
Ton Iront porté dan- les nuages , Semble m'affranchit des soucis , De* passions et des orages
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Qui vont s'amasser sut Pans :
Semblable à ces pâtres paisibles, Qui, du haut des Alpes terribles, Vers la terre abaissent leurs yeux , A mes pieds gronde la tempête ; Tandis qu'au-dessus de ma tète, Brille un jour pur et radieux.
Je n'entends point l'hydre sanglant* .
Changeant de masque el de couleurs,
Par son ironie insolente Insulter à la France en pleurs.
Si la liberté désoir,' Fuit de son temple avec effroi .
Du moins à la pauvre exilée J'offre un asile auprès de moi
Liberté , l'honneur de ton culte Soutient encor tes oppresseurs ; Tu reçus l'outrage et l'insulte Des mortels nés tes défenseurs.
Telle une horde sacrilège Brise l'arbre qui la protège Pour mieux en recueillir le fruit; Ainsi , ceux que maudit la France Ne doivent encor leur puissance Qu'au monument qu'ils ont détruit.
Si Cassandre fut outragée , Nouveaux Ajax, rappelez-vous Que Cassandre aussi fut vengée , Et que le Ciel combat pour nous !
Mais pourquoi, Ivre citoyenne,
ODE Tes sons viennent-ils me trahir?
Les partis veulent de la haine, Et moi je ne sais pas haïr.
Ah ! distrais-moi de ces pensées , Nvmphe charmante de ces lieux, Et de tes gloires éclipsées Viens encor réjouir mes yeux.
Ici , de sa muse piquante , Tantôt vierge, tantôt bacchante, Favart écoutait les accents; Là, Léonard, simple et tranquille Couronnait l'églogue et l'idylle Des primevères de tes champs.
Dis-moi lequel de tes bocages Est en honneur chez les amant- '
Dis-moi combien sous tes ombrages
On échangea de faux serments?
D'une amour , même passagère, Non, ne trahis point les secrets; Et de ton écharpe légère Cache les heureux que tu fais.
Mais , entre Paris et la plaine , Quels sont donc ces monts escarpés Qui d'une foudre souterraine Semblent avoir été frappés * ?
O mère infortunée ! O France !
C'est là que pour ta délivrance , Tout à coup devenus soldats ,
r Une partie des buttes Saint - Cbaumont , située siu d'anciennes carrières, vieut de s'écrouler récemment.
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Tes lils, glorieux de leur tombe, S'offraient , héroïque hécatombe , Au Dieu terrible des combats.
Pardonnez-leur un joui de gloire ,
Vous qui riez près des tombeaux ;
Le désastre , et non la victoire ,
Ferma les yeux de ces Héros *.
Gloire à leur nom ! Paix à leur cendre !
Pour vous seuls bravant le trépas,
S'ils sont morts, c'est pour vous défendre,
Du moins ne les maudissez pas
St.-Chaumont, tes buttes funèbres
Plaisent à mon cœur attristé;
* On sait comment , à la première entrée des armées coalisées, se .sont montrées la garde nationale «le Paris et l'École polj In Imîque.
J'y viens des dévoùments célèbres Méditer la frivolité.
Là, sous de vastes fondrières, Dorment des lésions entières; Et là, l'écolier inconstant Guide le cerf-volant rapide, Tandis qu'un citadin stupide Sur des héros passe en chantai) i.
O Nymphe, laisse-moi , de grâce,
Visitant tes frais alentours ,
Du faible horizon que j'embrasse
Suivre les lignes, les contours.
Sur ces monts et dans ces prairies Parfois ma muse vient s'asseoir, Et dans de molles rêveries