‹ Poëmes, odes, épîtres et poésies diversesChapitre 6 sur 20 · OD · texte numérisé non relu

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Souvent me berce jusqu'au soir

Toi qui , de pampres verts ornée, Tiens en main le thyrse éclatant , Et dont la face enluminée Rayonne sur Ménil-Montanl .

Salut, Nymphe du voisinage ' Tu règnes donc sur ce village Où Bacchus répand ses faveurs , Où, parmi les brocs, les bouteilles Sous les tonnelles, sous les treilles .

S'agite un peuple de buveurs?

Des cités discitant la reine , L'artisan vient, sous ton bosquet, De 1 Ârgenteuil «-i du Surène,

Savourer le piquant bouquet.

Le Champagne est plus doux peut-être :

Mais s'il juge le vin qu'il boit ,

C'est par la gaîté qu'il fait naître ;

Et les doux rêves qu'il lui doit.

Buveurs! oui, c'est hors de la ville Que Bacchus est père des Ris ; Sous son nom et dans son asile , Un imposteur règne à Paris.

Son front languissant se couronne Et d'orcanette et de bryone , Au raisin il a dit adieu ; Et la Naïade de la Seine , A sa main unissant la sienne , P»ougit, complice du faux Dieu.

ODE

\n\ feux vacillants des bougies, Heurtez vos coupes eu -hantant, Vous que les nocturnes Oi Rassemblent a Ménil-Montant; Chantez ! chantez! demain, peut-- Pour vous la coupe se tarit; Est-on sur du jour qui va naître, El de la vigne qui fleurit ?

V l'horizon, Phebé s'élève

Saluez son disqne naissant.

M. ms quel fantôme , armé d'un glaive, Cxrandit sous son paie croissant ?

( i ; li Moi I ! Tfi i îble, en silence . Du Mont-Louis i elle s'élai

i Li cimetière «lu Mont-Louis, dit du Père La Chain situe auprès de Ménil-Montant.

Prépare ses vastes moissons , Tandis que l'écho lui renvoie L'éclat bruyant de votre joie Et les refrains de vos chansons.

Vous chantiez un pied sur sa rive !

Croyez-vous ses coups incertains ?

On , comme un horrible convive , L'admettiez-vous à vos festins ?

Guide-moi dans ton sombre asile , O Mort! j'y veux tourner les yeux Vers ce peuple froid, immobile, Dont l'existence est dans les cieux.

Est-il vrai que Rousseau , Voltaire, Soustraits à notre Panthéon, N'ont plus même sur cette terre

l ii tombeau qui porte leur nom?

Si, dans an temps de saturnales,

On chassa les cendres royales De leur sépulcre dévasté; Lorsque la Licence est bannie, Se vengeât-on sur le génie ï)es malheurs de la royauté?

Quels débris couvrent cette pierre « Ceux d'un jeune Gracche indompté, « Qui, sous la balle meurtrière .

r Cria : Vive la Liberté ' Si la Liberté qu'on opprime \ la terre a fait ses adieux.

o mort! cache bien ta victime; Elle ferait des eni ieux !

Qui dort sous ce gazon funèbre , Que protège un faible rempart ?

« Un mortel justement célèbre, « Un guerrier qui mourut trop tard.

« En vain , au milieu des batailles , « A travers mille funérailles , « Vingt ans , je cherchai le héros !

« L'infortuné qu'un sort contraire < Dans sa gloire vint me soustraire, « Me fut rendu par les bourreaux. >•

Quoi ! la nature en vain se montre Avec ses riantes couleurs , Partout mon regard ne rencontre Qu'objels de deuil et de douleurs!

Nymphes , en \ ain j<- me prrimène

8o ODE A LA NYMPHE DE BELLE VII.LI Dans vos champs paisibles , fleuris ;

Un destin fatal me ramène Sous les orages de Paris.

Chaste Nymphe de Belleville .

Je vais te fuir et sans regrets;

Le voisinage de la ville

flétrit pour moi tous tes attraits.

Loin des cités , charmez nia \ le ,

Beaux-arts que j'aime , et vous Ne! vie;

Toi , surtout, trésor des \ ieux jouis ,

Amitié, dont l'aspect console

Et de la gloire qui s'envole,

Kl de la fuite des amoin s

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