OD
Souvent me berce jusqu'au soir
Toi qui , de pampres verts ornée, Tiens en main le thyrse éclatant , Et dont la face enluminée Rayonne sur Ménil-Montanl .
Salut, Nymphe du voisinage ' Tu règnes donc sur ce village Où Bacchus répand ses faveurs , Où, parmi les brocs, les bouteilles Sous les tonnelles, sous les treilles .
S'agite un peuple de buveurs?
Des cités discitant la reine , L'artisan vient, sous ton bosquet, De 1 Ârgenteuil «-i du Surène,
Savourer le piquant bouquet.
Le Champagne est plus doux peut-être :
Mais s'il juge le vin qu'il boit ,
C'est par la gaîté qu'il fait naître ;
Et les doux rêves qu'il lui doit.
Buveurs! oui, c'est hors de la ville Que Bacchus est père des Ris ; Sous son nom et dans son asile , Un imposteur règne à Paris.
Son front languissant se couronne Et d'orcanette et de bryone , Au raisin il a dit adieu ; Et la Naïade de la Seine , A sa main unissant la sienne , P»ougit, complice du faux Dieu.
ODE
\n\ feux vacillants des bougies, Heurtez vos coupes eu -hantant, Vous que les nocturnes Oi Rassemblent a Ménil-Montant; Chantez ! chantez! demain, peut-- Pour vous la coupe se tarit; Est-on sur du jour qui va naître, El de la vigne qui fleurit ?
V l'horizon, Phebé s'élève
Saluez son disqne naissant.
M. ms quel fantôme , armé d'un glaive, Cxrandit sous son paie croissant ?
( i ; li Moi I ! Tfi i îble, en silence . Du Mont-Louis i elle s'élai
i Li cimetière «lu Mont-Louis, dit du Père La Chain situe auprès de Ménil-Montant.
Prépare ses vastes moissons , Tandis que l'écho lui renvoie L'éclat bruyant de votre joie Et les refrains de vos chansons.
Vous chantiez un pied sur sa rive !
Croyez-vous ses coups incertains ?
On , comme un horrible convive , L'admettiez-vous à vos festins ?
Guide-moi dans ton sombre asile , O Mort! j'y veux tourner les yeux Vers ce peuple froid, immobile, Dont l'existence est dans les cieux.
Est-il vrai que Rousseau , Voltaire, Soustraits à notre Panthéon, N'ont plus même sur cette terre
l ii tombeau qui porte leur nom?
Si, dans an temps de saturnales,
On chassa les cendres royales De leur sépulcre dévasté; Lorsque la Licence est bannie, Se vengeât-on sur le génie ï)es malheurs de la royauté?
Quels débris couvrent cette pierre « Ceux d'un jeune Gracche indompté, « Qui, sous la balle meurtrière .
r Cria : Vive la Liberté ' Si la Liberté qu'on opprime \ la terre a fait ses adieux.
o mort! cache bien ta victime; Elle ferait des eni ieux !
Qui dort sous ce gazon funèbre , Que protège un faible rempart ?
« Un mortel justement célèbre, « Un guerrier qui mourut trop tard.
« En vain , au milieu des batailles , « A travers mille funérailles , « Vingt ans , je cherchai le héros !
« L'infortuné qu'un sort contraire < Dans sa gloire vint me soustraire, « Me fut rendu par les bourreaux. >•
Quoi ! la nature en vain se montre Avec ses riantes couleurs , Partout mon regard ne rencontre Qu'objels de deuil et de douleurs!
Nymphes , en \ ain j<- me prrimène
8o ODE A LA NYMPHE DE BELLE VII.LI Dans vos champs paisibles , fleuris ;
Un destin fatal me ramène Sous les orages de Paris.
Chaste Nymphe de Belleville .
Je vais te fuir et sans regrets;
Le voisinage de la ville
flétrit pour moi tous tes attraits.
Loin des cités , charmez nia \ le ,
Beaux-arts que j'aime , et vous Ne! vie;
Toi , surtout, trésor des \ ieux jouis ,
Amitié, dont l'aspect console
Et de la gloire qui s'envole,
Kl de la fuite des amoin s