‹ Poëmes, odes, épîtres et poésies diversesChapitre 8 sur 20 · LA CL CM IN CF · texte numérisé non relu

LA CL CM IN CF

Toiisdewt, d'un même accord, nous veillerons sur eux: Carne crois pas, mon fils , que, las du diadème, Je veuille, en t'en chargeas t, m'en affranchir moi-même ; J en soutiendrai le poids, pour qu'il te soil i Goùte-s-en la douceur^ j'en garde le <l i.»' Germain se soulève; il faut encor l'abal Dompter les factions, châtiei et combattre, Voilâmes droits, lu'-las! Il en est \\n plus doux, Que je t'accorde seul , qui les surpasse t<

celui de changer le désespoir en joie, !)•• contraindre la Mort à r<- céder sa proie; Le plus beau droit enfin <pi<- donne !<■ pouvoii , LA CLÉJB l.N( E: O Romains, wms allez les revoir Ces jours si glorieux . <>ii , par des lois prospèi es . i \ i , i i i . \ •> : i.mn ; . ont gouvei n<- i os pèi • Mou fils vous les rend i ' Mes bienfaits aujourd'hui.

Pour aller jusqu'à vous, doivent passer par lui.

Trop long-temps, sur ces bords, les Discordes civiles Dévastèrent nos champs, dépeuplèrent nos villes; Mais enfin , loin de nous , l'Hydre des factions Alla noyer sa soif au sang des nations : Sous mon char de victoire il faudra qu'elle expire. Si, dans ces jours affreux, les tyrans de l'Empire, De leur sceptre de fer foulant l'humanité, Ont brisé les autels de la sainte Équité, Ta voix , noble Clémence , aujourd'hui les relève , Et Thémis à«t^s pieds va déposer son glaive.

César, sois mon soutien : par tes soins bienfaisants, Que de Licinius les nombreux partisans Soient vaincus dans ce jour: abjurons la vengeance, Que tout parle avec nous d'amour et d'indulgence;

Que', bénissant ton nom, nos frères exilés Dans les champs paternels soient enfin rappelés Puissé-je voir bientôt Ions les Romains dans Rome! Exorableà l'erreur, au repentir, sois homme;

Écoute la j)itie j #l i is encor que les lois. Mon fils, nos jugements, nos travaux, nos exploits. Vantés , éternisés , adorés sur la terre, Peut-être d'un Dieu juste excitent la colère. Aveugles instruments du céleste pouvoir.

Connaissons-nous nos droits? sommes-nous sûrsde voin Qui peut répondre, hélas! de la justice humaine? Le besoin <!«• changer, que le temps nous amène, Bouleverse les lois, ainsi que les états, Et souvent, des vertus nous fait des attentats. Le foi lait qui nous sert nous paraît légitime ; i in qui nous mut , à n<»^ \<-u\ esl un « i une

Et les faibles humains , par l'erreur entourés. Nous semblent criminels: ils ne sont qu'égarés. Crois-moi; presque toujours la clémence est justice : Elle est vertu du moins ! Les rigueurs du supplice, Même en nous délivrant de quelques ennemis, Révoltent tous les cœurs qui nous furent soumis r On plaint le malheureux dès qu'il n'est plus à craindre , Et l'on peut imiter celui que l'on peut plaindre. Sois bon , sois généreux ; car la Divinité Veille sur la grandeur moins que sur la bonté. Valérius , au sein des tempêtes publiques , Domptait des plébéiens les haines politiques; Et, contre eux protégeant d'odieux sénateurs, Le sein nu, le front calme, il marchait sans licteurs.

Octave, ce vainqueur d'Antoine et de Lépide , Octave , ce tyran dont l'année intrépide

Contre tout l'univers protégeait les destins; Sans cesse environné par des périls cri tain-. Croyant à ses projets la rigueur nécessaire, De ses proscriptions ensanglantait la terre; Le poignard d'un Brunis devait les terminer.... La clémence d'Auguste a tout fait pardonner.

Quoique triomphateur, s'il est grand dans l'histoire,

« Il l'est par la clémence, et non par la victoire;

imite ses vertus, en plaignant ses forfaits;

Ainsi que lui, César , règne par tes bienfaits ;

Ne crains point d'abuser du droit que je te donne.

Car on ne peut faillir alors que l'on pardonne

Pointant de tout excès e\ ite le danger; Songe au peuple, mon fils, que tu dois protégei - Mille ennemis secrets l'environnent sans cesse; La clémence avec eux ne serait que faiblesse

LA CLÉMENCE 8g

Laisse agir la justice, et ne suspends la loi Que poar l'infortuné, criminel envers toi, .Mais dont Rome naguère a connu les services. Montre un front inflexible aux mortels dont les vices De l'état social minent les fondements; Et cependant encore, enlève aux châtiments Ce fils qui , sans espoir, pressé par la misère, Y dérobé le pain qui dut nourrir sa mère. Consulte enfin ton cœur: tu feras ton devoir.

Quant à moi, si le ciel seconde mon pouvoir, J'ajoute l'Occident à ton vaste héritage. La terre entre nous deux aujourd'hui se partagé Je vais la conquérir, tu vas la consoler; Tu sécheras les pleurs que je ferai couler. A regret dans le Nord je porte les alarmes :

Du moins que les captifs enchaînés par mes armes,

c)o LA CLÉMENCE.

Désormais , à l'abri des cirques inhumains , Ne soient plus exposés aux regarda des Romains, Dans ces jeux où l'on vit, outrageant la nature, L'homme donner au tigre un homme pour pâture O César, prends pitié de leur triste abandon! La clémence avec eux n'esl ]>;i^ même un pardon Que dans Rome, éloignés de leui terre chérie, Ils trouvent un asyle, <t presque une patrie.

A la loi des chrétiens reste toujoui s fournis ; Vois Jésus , sur sa croix, mort pour ses ennemis Que Jupiter vengeur s'annonce par la foudre ; Croyons plutôt , mon fils , au Dieu qui sait absoudre. Ah! si, toujours fidèle à les commandements, Mou Dieu, j eusse écoute l<> tendres mouvement - Que donne la pitié, que la nature inspire,

Je n'aurais point d'un crime épouvanté l'Empire! Crispus vivrait encore ! et mes yeux, sans effroi, Contempleraient le ciel! mais je connais ta loi; Mes pleurs effaceront un instant de démence, Car le Dieu que j'adore est un Dieu de clémence.

SUR L'AVENIR

limnortalia ne speres monet annus, et alnium Quœ rapit hora dîem.

Quîs scit an adjiciant hodiernae crastina summec ïempora Di superi?

HoBAT.

L'AVENIR

A M. Alphonse L. d f. M.

J e suis profond observateur :

J'ai vu l'énorme petitesse D'un monde vain dans le malheur J'ai vu des sots de toute espèce, Croyant arriver au bonheur Par le chemin de la richesse.

Passer leur maussade jeunesse Dans le travail et la douleur.

Quel est le but de tant de peine?

/. L'AVENIR

D'avoir un jour un gros trésor.

On brave lc> mers de Tyrrhène El le climat du Labrador; Enfin, devers la cinquantaine, Le trésoi i i»-iit ; on veut èncoi Posséder un fief, un domaine, Des prés, des bois, une garenm De nouveau l'on traîne la chaîne; Plus tard on prendra son essor; Monsieur éclipsera Hondor; .Madame sera châtelaine; Les honneurs viendront avec loi.

C'esl ainsi que l'homme dépense, jeunesse el ses beaux joui s ;

Il p. !>-.<■ I< temps des Àmoi

L'AVENIR

Dans le comptoir de la Finance; Et, dans l'âge de l'impuissance , Sans appétit et sans désirs , Il fait un appel aux Plaisirs, Lorsqu'il voit la Mort cpii s'avance.

Tu m'accuses d'indifférence Pour l'avenir; ah! mon ami, Cent fois je me suis endormi A force d'avoir, en silence , Médité ce sujet immense.

J'en ai sondé la profondeur.

Abjure un reproche bizarre ; Je vais, dissipant ton erreur, De l'avenir que je prépare T'offrir le tableau séducteur.

96 I. WENIR.

Que Faut-il donc à la vieilli Des souvenirs et du repos.

Lorsqu auprès dune enchanteressi Je cours, rayonnant d'allégresse, Cueillir 1rs myrtes (U- Paphos, Crois-tu que, dans ma folle ivresse Tombant muet entre ses bras, Pour mou plaisir seul, je caresse Et ses cheveux <t ><•> appas?

Non : connais mieux ma prévoyant i De l<»iu meublant mon avenu , J'agis en sage, ri , par prudence, Je me prépare un souvenir.

Pour le repos , c'esj le pai ; Du mortel libre <•( \n tueux

L'AVENIR. 99

Il est l'objet de tous mes vœux; Il est la volupté du sage.

Mais, mon ami, pour l'obtenir , Il faut le mériter J'avance ; Bien loin de nous il faut bannir L'ambition et l'opulence; Les honneurs causent du souci, La richesse nous importune :

Pour moi, je les évite; aussi Je serai toujours, dieu merci, Bien à l'abri de la fortune.

Quand ces douces émotions, Ces transports, ces désirs, ces flammes, Aliments de nos passions, S'éteindront au fond de nos âmes,

L'AVENIR

Changeant de plaisirs èl <l«- lieux .

Fuyanl le tunralte et la \ille.

Bergers, chasseurs, faute de mieux, Nous irons, dans un champ fertile, Sous la protection des dieux.

Jouir d'un destin plus tranquille, Mais non pas moins délicieux.

Verrière, Aulnav! plaines fleuries, Limpides eaux, champs parfumés Par le cytise des prairies , Beaux lieux, témoins accoutumés De nos plus (louées revei les .

De nus promenades chéries, l n jour, eu sages transformés .

Unis de la belle oature ,

L'AVENIR

Gaîmcnt nous philosopherons Sous vos arcades de verdure ; Dans nos discours nous placerons La morale avec les chansons , Et Sénèque près d'Épicure; D'après eux seuls nous agirons; Nos mains leur bâtiront des temples Et dans ces temples nous suivrons De l'un les charmantes leçons , De l'antre les charmants exemples

Au sommet d'un mont sinueux Sera placé notre ermitage ; Lu bois, une vigne, un bocage, Dans leurs abris voluptueux Engloberont notre apanage.

L'AVENIR

Anioiir de nous, le paysage,

Déroulant ses sites nombreux.

Nous montrera le chêne antique,

Des humains père nourricier,

Qui prêta son rameau civique

A l'orateur comme au guerrier :

Tous deux, sous son ombrage immense,

Nous reposerons à l'écart ;

Pleins de la Gère souvenance

De Saint Louis et de Bayai il.

Nous verrons, auprès de la rive, Le saule, ornement des tombeaux, \ oiler encor de ses rameaux î ne naïade fugitive.

L'AVENIR. io3

Dans le lointain, ces Lourds monceaux

De pierres, de débris nouveaux,

Que, pour les rendre pittoresques,

Nous prendrons pour de vieux créneaux

Bâtis au temps chevaleresques ,

Dans nos cœurs, prompts à s'émouvoir.

Feront naître des pensers sombres;

Et lorsque la clarté du soir

Se répandra sur ces décombres,

Nous croirons voir errer les ombres

Des châtelains de ce manoir.

Viini, lorsque l'ame s'oublie Dans ces tendres épanchements Donnes à la mélancolie, Nous saurons, dans mille romans

rô4 L'AVENIR.

Évertuant aotre mémoire, Évoquant la fable et L'histoire, Nous entourer d'enchantements, D'amours, de vertus et de gloire.

Tels on \it dos rois fainéants .

Déléguant jadis à leurs maires Le soin des impôts <-t des gi Sous l'aile de leurs suppléants, Jouir, sans trouble et sans affaires, Loin des sots <-t des mécréants :

Tels, imitant leur indolence, Poui gouverne! notre chalet, Nos i evenus, notre dépens* .

- empi tinterons l'assista» i I ) une 1 1 ■Lii'iit<- en bavolet ,

L'AVENIR. io5

En simple jupon de futainc.

Au pied mignon , à l'air follet , Qui veillera sur le domaine ; Tandis qu'au vivier de la plaine, Armé d'un large et long filet, Tu prendras goujons par douzaine; Et que, plus lier qu'un capitaine, Je conduirai le batelel.

Là, nous riant de la faiblesse, Des plaisirs, souvent dangereux, Du fier citadin de Lutèce, Nous aurons , pour toute richesse , Des fleurs, une lyre, des jeux, Notre amitié, notre paresse, Et l'habitude d'être heureux.

io6 L'AVENIR.

Sitôt que L'Aurore empourpra

Ranimera, par ses appas,

La Nature décolorée,

Tous deux, un fusil sous le bras,

Nous partirons pour mettre à bas

Quelque alouette désœuvrée .

Espérance de nos repas.

Mais nous nous garderons, je pense.

D'imiter ce petit chasseur.

Intrépide dévastateur

De toute lapinière engeance ,

Qui, courant par mont, par sentiei

D'un plaisir se fait un métier,

Et qu'on croirait, dans sa démena

Etre couru par son gibiei

L'AVENIR

Non : comptant sur la providence, Nous attendrons patiemment; Et les perdrix étourdiment Viendront, par bruyante volée,

Avec un long bruissement,

S'abattre au fond de la vallée, Où nous déjeunerons gaîment; Nous les tuerons tranquillement; Et notre jeune ménagère De sa main adroite et légère....

Eh ! mais , que fais-je? des projets ? Sur l'avenir c'est un à-compte; Je le sais ; mais souvent la honte Leur succède avec les regrets.

Aux jours brillants de la jeunesse, Rêver est bon; jouir vaut mieux.

o8 L'AVENIR.

L'objet cfiii le plus m'intéresse Est celui qui frappe mes yeux.

Cet avenir qui nous occupe Deviendra présent à son tour:

Je l'attends en faisant l'amour; Je veux être jusqu'à ce jour Son débiteur, et non sa dupe.

Les hommes sont de grands enfants; Chacun se bâtit un système; Leur but est constamment le même, Et leurs moyens sont différents.

Dans la route de l'existence, On guette, on cherche le bonheur; Mais l'un chemine avec lenteur , El croit agir avec prudence :

Il pêve mu destin enehanteui

L'AVENIR. 109

F.t pense que le dieu volage.

Pour réaliser son erreur, L'attend au bout de son voyage.

Ami des plaisirs, du fracas, Donnant dans un excès contraire, Cet autre s'élance à grands pas, L'atteint dans sa course légère, Le voit, ne le reconnaît pas, S'écarte et poursuit sa chimère; (Car le bonheur a des appas Cachés aux regards du vulgaire. ; Pour moi , je le tiens aujourd'hui ; Je veux le conduire, et j'espère Finir ma route auprès de lui.

Tu vas crier au fatalisme,

L'AVENIB

Et, par ton erreur emporté',

De mon doux épicuréisme,

Attaquer la solidité ;

Arrête : je te veux convaincre;

Et si d'abord j'ai trop flatté

Cet avenir, ta déité,

Je me rétracte , et je veux vaincre

Ta bizarre incrédulité.

Voudrais-tu toujours te repaître De L'espoir d'un beau lendemain ?

Ami , le présent est certain , È1 l'avenir n'est qu'un peut-être :

Il meurt sitôt qu'il vient à naître; Nous l'approchons, il mit soudain.

Ainsi, dans l'infernal empire,

L'AVENIR. m

En proie au tourment tle la faim , Tantale convoite, désire Ces fruits dont la couleur l'attire , Et qui s'échappent de sa main.

Ou tel l'horizon se recule Devant le voyageur lassé , Qui succombe enfin, harassé, Au pied des colonnes d'Hercule.

Tel encore, aux champs de la nuit , Portant sa trompeuse lumière, Le feu follet brille, s'enfuit, Et précipite dans l'ornière Le pauvre diable qui le suit.

Te voilà convaincu, j'espère, Par ma triple comparaison ;

L'AVENIR

Car, chez le peuple littéraire , C'est là le langage ordinaire, Et le soutien de la raison.

Mais déjà ta riposte est prête :

Il est encore un avenir, Noble héritage du poète!

Dis-tu : las! j'en dois convenir.

Celui-là fort peu m'inquiète ; Et défends-le, car je m'apprête A le siffler , à le honnir.

Ami , c'est une sotte cm ie Que de sacrifier sa vie Pour faire un peu parler de soi :

Va, l'immortalité, crois-moi.

Est une chose bien futile !

L'AVENIR. ni

Ce globe est construit faiblement

Pourquoi placer un monument

Sur une base aussi fragile?

Un jour, d'un coup de son trident,

Neptune ébranlera la terre ;

Et l'onde, au loin se répandant,

Submergera cet hémisphère.

Eh bien ! messieurs les beaux esprits

Que deviendront tous vos écrits ,

Lorsque la Méditerranée

Visitera notre Paris ?

Adieu les plaisirs et les ris!

On verra la mer mutinée

Rouler, à traver ses débris,

Les beaux jetons de l'Athénée.

Plus de discours, plus de sermons;

On verra la bande ennemie Des brochets et des esturgeons Nager en pleine académie.

Veut bien respecter ses entraves ?

Eh! mes amis, quelque volcan Viendra nous couvrir de ses laves :

Et, partout filtrant .ses ardeurs, Cuira notre vin dans nos cav< Recelant ses feux destructeurs, La terre aride, desséchée, Ne produira que quelques fleurs Sans fruits, sans force, sans couleurs ; Pâle , et sur son urne penchée, La naïade, du sein des eaux,

L'AVENIR

Levant ses paupières mourantes, Verra ses deux rives fumantes S'ouvrir et dévorer ses flots.

Des humains la troupe affamée , Errante en des climats divers, Ne pouvant vivre de fumée , Oublîra la gloire et les vers.

Et la bavarde renommée S'exilera de l'univers.

Enfin, si notre pauvre monde, Vainqueur des volcans et de l'onde Nous restait en propriété; Un jour , le soleil emporté Loin de ce globe inhabité, Laisserait la terre inféconde ,

n6 L'AVENIR.

Et sans chaleur et sans clarté :

Parlons donc d'immortalité !

Mon cher Alphonse, soyons homme

Rions de !a postérité;

Vivons pour le temps où nous somme- Lppelle Nelvie et Myrte :

Vu sein d'une douce paresse

Plongeons-nous avec volupté;

Que les plaisirs et la tendresse

Occupent notre oisiveté;

Et faisons dormir la sagesse

Sur les genoux de la beauté.

Tranquille sur mes destinées, Je jouis d'un sort enchanteur; Jr verrai mes vieilles années

L'AVENIR

Par le souvenir enchaînées Aux jours brillants de mon bonheur.

Et tel, s'éloignant d'une plage Couverte de fleurs , d'arbrisseaux , Où le murmure du feuillage Se mêle au ravissant ramage Des fauvettes et des ruisseaux , Avant de franchir les coteaux, Le vovageur dit : c'est dommage !

Il promène encor son regard Sur les gazons , sur le rivage , Et sourit à leur douce image Jusqu'à l'instant de son départ.

Ainsi, terminant mon voyage, Et, prêt à partir pour les cieux.

8 L'AVENIR

Je veux tourner encor 1rs yeux

\ ers La contrée, où , mieux qu'un sage ,

J'aurai connu l'art d'être heureux.

Je me dirai : prenons courage !

Avec des amis , des flacons, Des souvenirs et des chansons, Il n'est pas de maux que je craigne.

Je veux, comme disait Montaigne, Quitter la vie à reculons.

ODE

Page 1