SUR L ART DE DIRE LES VERS. XXIX
Cède bonne diclion, dont rulililc est incontestable, n'est malheureusement pas facile à obtenir des enfants. Ils ont presque tous, en elfet, des tendances à dire mal. Mais leurs défauts se ressemblent. La plupart disent d'une façon inintelligente, mécaniquement, sans avoir l'air de comprendre; ils ne mettent aucune expression et paraissent ne pas sentir la poésie ; et, s'ils semblent saisir à peu près le rythme des alexandrins, qu'ils récitent d'ailleurs avec monotonie, les rythmes plus savants leur échappent toujours.
Le tort des parents et des maîtres est tantôt d'attacher trop peu d'importance à la diction et d'exiger seulement des enfants une mémoire impeccable, tantôt de croire que, pour bien dire, il faut avoir des qualités innées, qui, par conséquent, ne s'acquièrent pas. Il est très vrai qu'on est plus ou moins doué ; et la preuve en est que parfois de tout petits enfants, sans avoir jamais reçu de conseils, disent naturellement bien. Mais il ne faut pas oublier que la diction est avant tout un art. Les parents et les maîtres devront donc le connaître, au moins dans ses éléments, pour en inculquer les principes aux enfants.
Ce n'est point dans une courte introduction que nous pouvons faire une étude complète de l'art de dire. Il existe d'ailleurs d'assez nombreux ouvrages',