‹ Poèmes pour l'enfanceChapitre 186 sur 312 · LA MOllT DU LlUX · texte numérisé non relu

LA MOllT DU LlUX

Loin, loin, loiijoiirs plus loin, la nier morle des sables S'étalait sans limite, et rien ne remuait Sur l'immobilité des llols infranchissables, Sous l'immobilité de l'air lourd et muet.

Seul, un lion vivait dans cette solitude;

Sur ce grand tapis d'or il vautrait' son corps roux^

Gomme du désert morne il avait l'habitude,

Sous le ciel sans clémence il rêvait sans courroux.

Il a vu tant de jours pareils! Pas une ride^ Dans l'implacable azur et les lointains dormants! Il a vu tant de jours où l'arène^ torride Fait d'une caravane un chemin d'ossements.

Il a vu les Bédouins^ au capuchon de laine. Eux, les fils du désert, dans le désert mourir. Il a vu les chevaux tomber, manquant d'haleine, Et les chiens vers les puits ne pouvant plus courir.

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