PRÉFACE. XIII
la portée des esprits euFantins. Pour nos poêles roinanti(jues, — à [)arl Victor IIiii*o à (jni une parlie très ini[)ortante, il est vrai, de son œuvre a valu le surnom de « [)oète de l'enfance », — ils oui presque tous une àine inquiète et troublée, dont Tag-itation et la mélancolie ne sont i^uère appropriées à d'innocentes petites âmes. Enfin, nos poètes contemporains, à quelques exceptions près, ont trop recherché les subtilités du sentiment et les raffinements de la pensée pour devenir la nourriture des cerveaux puérils.
Je sais bien que, malgré tout, dans notre poésie du dix-neuvième siècle, l'enfant tient une g-rande place, qu'il n'avait pas auparavant. Mais encore faut-il distinguer entre les poésies composées sur les enfants et les poésies composées /)o«r les enfants. Or, parmi les premières, il en est peu qui conviennent à l'enfant. Elles parlent g'énéralement de lui d'une façon spirituelle ou gracieuse. Mais, d'une part, les mots et gestes enfantins ([u'elle note sont surtout plaisants à nos yeux, et le sont beaucoup moins aux yeux de l'enfant qui n'a pas conscience de lui-même ; et, d'autre part, le charme poétique, que par évocation de notre propre passé lointain revêt pour nous