X PREFACE
quer aux cnFaiils los |)remi(M*cs notions du devoir. Les ral)les conservent donc leur place niarfjuée dans l'éducation enFantine. Mais, s'il s'ai^-it d'éveiller dans les jeunes ànies le sentiment j)oéti([ue, il est besoin d'autre chose ; et c'est alors que devient nécessaire un recueil de poèmes.
D'ailleurs, si dans un recueil de fables c'est la préoccupation morale qui domine, et dans un recueil de poèmes la préoccupation esthétique, il va sans dire que les fables, celles de La Fontaine en particulier, pourront elles aussi contribuer à éveiller le sentiment poétique de l'enfant, et ([ue nousmêmes, sans vouloir faire œuvre morale, nous n'en croyons pas moins avoir fait œuvre moralisatrice. Car n'est-il pas vrai qu'en inspirant aux enfants le goût des pures émotions poétiques, on les détourne de la frivolité de leurs pensées ordinaires, on les arrache à la vulgarité de leurs spectacles quotidiens? Notre crainte serait même, pour avoir tâché de faire un livre poétique, d'avoir fait un livre par instants un peu sérieux. La poésie, en effet, ne s'allie guère à la gaieté ; elle s'accompagne plutôt, au contraire, d'une certaine tristesse, ou tout au moins d'une certaine gravité de sentiment et de pensée.