‹ Poèmes provinciauxChapitre 11 sur 38 · LE LINGE · texte numérisé non relu

LE LINGE

Nous avons éteùdu le linge sur le pré ; Sentez-vous pas monter ce parfum de lessive Avec le fin brouillard fumant aux blancs carrés Des serviettes et des couvertures massives )

Bientôt tout sera sec et roide et si léger Qu'il nous faudra veiller à la brise joueuse Qui jetterait leur neige au menaçant danger Du jardin hérissé de branches accrocheuses.

Alors nous tirerons sur les nappes, à deux, Et puis on lissera les mouchoirs plus faciles, Afin de regarnir la grande armoire où, bleus, Sont restés tous les grains de lavandes fragiles .

Car nous avons en Province l'amour nâTF

Du linge qu'autrefois ont filé des grand'mères,

Et ce nous est un plaisir innocent et vif

De voir nos draps plies, propres, sur l'étagère.

Nous les aimons, ces draps, en pieux souvenir .De chères vieilles mains habiles à les faire Et de savoir, aussi, qu'un jour prompt à venir. Il faudra que l'un d'eux fasse notre suaire.

ÎS

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