‹ Poèmes provinciauxChapitre 26 sur 38 · BERCEUSE · texte numérisé non relu

BERCEUSE

Dors ; J'ai fermé la porte. Il est nuit ; le veat pleure.

Aux roseaux de l'étang, l'entends-tu pas gémir ?

Voyageur éternel sans foyer ni demeure

Dont la voix épouvante et nous glace à cette heure

Où l'on songe aux marins perdus 1 . . . Il faut dormir,

Mon petit ; il est tard, de l'église lointaine,

Neuf coups, dans le silence, ont chanté gravement.

Je te souris encore une fois, que la peine

Du jour qui va finir s'efface en ce moment.

Que mon regard soit doux comme ton regard même

Et pur ; et que demain, au réveil et toujours, Mieux que tous les regards qui te diront " je t'aime " Il te pénètre, enfant, de mon immense amour.

Que demain, que plus tard, au penchant de ta vie, Quand, peut-être courbé sur les routes, un soir. Ton cœur saura l'oubli des cœurs, il te convie A venir prés de moi qui t'attendrai t'asseoir. Que si mes yeux alors, seulement dans ton âme Brillent et s'ils sont clos, ô mon fils, pour jamais. Tu dises : '' Sois béûie entre toutes les femmes, Pauvre femme au front lourd, ma mère qui m'aimais !

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