‹ Poèmes provinciauxChapitre 32 sur 38 · CEST LA CLOCHE QUI SONNE · texte numérisé non relu

CEST LA CLOCHE QUI SONNE

Nous pleurons ; dans l'alcôve agonise Taïeule ! De Tombre emplit sa tempe et le regard s'éteint ; Sur les draps refoulés, au bout de ses bras veules Dans quel triste abandon gisent ses gauvres mains ! Voyez, leurs doigts sont gourds et rugueux et difformes Ah ! les travaux par chaque jour renouvelés S y lisent, maintenant que sous la lueur morne Du cierge des mourants, on les voit accablés.

Puisque vous le voulez, ô Seigneur, qu'elle dorme, Sans joie et sans soleil sont ses jours à présent. Elle nous a donné le meilleur de ses ans Et voilà, c'est la nuit, c'est la cloche qui sonne. . . Oh ! mère tendrement conseillère, oh ! très bonne Ne plus ouïr ton pas hâtif et chancelant !

Au moins qu'à ce foyer peuplé d'ombres amies Tu restes habitant nos cœurs religieux Pour conforter parfois l'âme faible qui plie, Pour qu'à l'instant fatal de nos derniers adieux Parmi le grand effroi dont s'angoissent les yeux, Tes bras nous soient ouverts au-delà de la vie !

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