‹ Poèmes provinciauxChapitre 33 sur 38 · L'AUTOMNE ODORANT · texte numérisé non relu

L'AUTOMNE ODORANT

L'Automne a parfumé l'office et le cellier :

11 y a de hauts tas Je pommes qui mûrissent Dans celui-ci, près des fagots de bois liés De vime jaune et bien tordu sous lesquels crissent Les grillons rapportés avec eux des fourrés.

Contre le mur où pend la toile d'araignée, Les sacs tout bosselés de noix sont préparés, Pour le marché ; dans ce coin les marrons lustrés Se mêlent à la pomme de terre imprégnée

De l'odeur du sillon mouillé. On sent le pin, On sent aussi le cidre et la feuille séchëe Et Toa dirait rêvant, captive, à la croisée, L'âme des bois d'été des champs et des chemins.

A l'office, des soins prudents de ménagère Ont mis les coins duveteux, couleur de citron. Sentant fort, à mûrir au bord de l'étagère, Devant le cuivre clair des antiques chaudrons. Sur l'évier luisent la grande terrine verte "^ Et la cruche vernie où tremble leau du puits ; La treille pleut au seuil de la porte entrouverte Et, dans cette senteur pénétrante de fruits Flottant par la maison que le froid pelotonne Comme une vieille rapinant autour de soi.

On voit sous la rousseur des branches qui frissonnent, Mourir Tannée avec la vie au cœur des bois.

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