‹ Poèmes provinciauxChapitre 35 sur 38 · LES CHARRETTES QUI PASSENT · texte numérisé non relu

LES CHARRETTES QUI PASSENT

Les charrettes de bois passent pour le marché Au pas traînant des bœufs, dont le front baissé force Tirant les troncs coupés à l'écailleuse écorce Des grands pins résineux et les fagots séchés ; Novembre va venir le long des Toutes grises.

Flétrir les feuilles tremblotantes aux buissons... L'Hiver !l.. Les vols fuyants vont passer dans la brise ; Les cloches de Toussaint s'éplorer, leur chanson Se perdre par les champs sous un ciel de détresse.

Oh ! cloches de Noël, dans la nuit froide !

— Laisse.

— Oh î voir finir Tannée avec un peu de soi...

— Accueille sans regret les saisons et leurs mois

Et qu'ils portent des fleurs, des fruits ou que, moroses,

Ils pèsent à ton cœur de rêve et de névrose,

Sache en goûter le charme épars. Rappelle-toi ;

Novembre c'est le temps où l'âme se repose

De la lumière chaude et vibrante d'été -,

Entends le feu bruit, laisse-toi dorloter

En cette ouate eflSlochée autour des choses

En ce silence où meurt le ciel lilas et rose

En la venue muette et douce de la nuit.

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