‹ Poèmes provinciauxChapitre 9 sur 38 · MATINÉE · texte numérisé non relu

MATINÉE

A Siméon^ Jean-Baptiste Chardin.

La vieille tante, au fond de la cuisine, épluche

Une carotte rousse odorante au couteau ;

Le cerfeuil frais coupé reste humide, il est tôj.

Un Angélus lointain vient en bruit doux de ruche.

La porte est entr' ouverte au soleil matinier

Qui, dans le jardin plat, brille sur la salade.

Elle a son long tablier gris de cotonnade

Et, jetant un coup d'œil aux charbons du foyer.

Songe qu'aujourd'hui même il faut, dans le grenier.

Mettre sécher des fleurs de peur qu'on soit malade.

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