‹ PoèmesChapitre 17 sur 32 · A VENISE · texte numérisé non relu

A VENISE

J'épouserai la mer, la souveraine amante, te parfum et le sel de son royal baiser Irriteront la soif de ma bouche brûlante, Et, tel un souvenir qui ne peut s'apaiser, S'élèvera le vent des espacés qui chante Dans le ciel nuptial l'infini du baiser,

Je verrai tressaillir l'ombre des hippocampes* Les algues s'ouvriront comme s'ouvrent les fleurs, Et le phosphore, aux bleus rayonnements de lampes, Allumera pour moi de vivantes pâleurs : Afin de couronner mes cheveux et mes tempes, Les algues flotteront, plus belles c^e les fleurs,

Ainsi, laissant flotter mon corps h la dérive,

Je mêlerai mon âme à l'âme de la mer,

Je mêlerai mon souffle à la brise furtive.

Sp dissolvant, légère et fluide, ma chair

Ne sera plus qu'un peu d'écume fugitive. !; - !|;

Di'ns la pourpre du soir j'épouserai la mer, ij

ÉVOCATIONS

LET THE VEcA® HUHX THEI% VEeAT)

oîci ta nuit j je vais ensevelir mes morts, Mes songes, mes désirs, mes douleurs, mes remords, Tout le passe*. ♦ Je vais epsevelir mes morts*

J'ensevelis, parmi les sombres violettes, i

Tes yeux, tes mains, 'ton front et tes lèvres muettes,

O toi qui dors parmi les sombres violettes!

Page 1