IV. PUOHI
La place dt^it publique et tous étaient venus, Et les femmes jetaient dos rires ingénus.
Ils se lançaient des fruits avec des chansons folles Et le vent m'apportait le bruit de leurs paroles.
J'ai senti la colore et l'horreur m'envahir. Silencieusement, j'appris a les haïr.
Les insultes cinglaient, comme des fouets d'ortie. Lorsqu'ils mjont détachée enfin, je suis partie.
Je suis partie au gré des vents. Et depuis lors Mon visago est pareil h la face des morU,
FlMMUEcAUX ÉTEINTS
'aurore a traversé la sal|c du festin Traînant ses voiles gris parmi les Voses mortes. Elle s'avance, elle entre, elle franchit les portes A pas lourds, à pas lents, tel un spectre hautain/
Un rayon est tombé sur les torches dtointeé. On voit enfin ces lys qui parurent si beaux S A la lueur fugace et fausse des flambeaux, \l Et ces roses, et ces très tristes hyacinthes*
I|8 mMPBAUX ÉTEINTS
Voici la place où ton corps chaud s'est détendu, Le coussin frais où s'est roulé ta chaude tete, • Le luth, qui souligna l'éloquente requête, Le ciel peint, reflété dans ton regard perdu.
Tes ongles ont meurtri ma chair, parmi les soies, Et j'en porte la trace orgueilleuse,, , Tes fards S'envolent en poussière, et sur les lits épars Tes voiles oubliés nous évoquent les joies,
Implacables, ainsi que d'ingénus témoins, Les choses sont, dans leur netteté qui m'accuse, Le rappel froid et clair de cette nuit confuse/ Des parfums oubliés persistent dans les coins.
FLAMBEAUX ÉTEINTS
Je m'éveille, au milieu d'une forêt ,de torches Éteintes froidement dans la froideur du jour, Songeant à ma jeunesse, h son tremblant amour, Aux jasmins' qui faisaient plus radieux les porches,
Tel un supplice antique et savant, inventé Par un despote au?f yeux creusés par le délire, L'horreur do n'ôtro plus ce qu'on fut me déchire, Et le soir envahit mon palais cnchaVté»
Je sens mourir l'odeur des jeunes hyacinthes, La fièvre me secoue en des frissons ardents, Tout s'éteint et tout meurt.,, Et je claque des dents Parmi les lys fanés et les torches éteintes;
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