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Ce chevalier Je la Croix rouge est seul resté Des guerriers qu'abritait sous sa large banni6re L'Iimpercur qui dompta le Lombard révolté.
Or, César a donné sa bataille dernière;
Le grand Germain, faucheur des générations.
Un soir, a disparu dans l'antique rivière.
Sa gloire, sa puissance et ses ambitions Gisent lugubrement sous cette eau glaciale Qui recèle à jamais le Roi des nations.
On n'a point retrouvé sa chair impériale; Et ses margraves, loin du sinistre Orient, Pleins de hâte, ont mené leur iuite déloyale.
Quelques-uns, d'un rang moindre et d'un cœur plus croyant, Devant Ptolémaïs, qu'ils nomment Saint-Jean d'Acre, Ont joint Plantagenet, l'Angevin effrayant.
Le Roi tauve a pris Chypre au vol de sa polacre, Et, frayant son chemin vers les Murs bienheureux, Traque, là-bas, les Turks qu'il assiège et massacre.
Pour Magnus, dédaignant le retour désastreux Ou le Saint-Temple, il va conquérir, par le monde. Quelque royaume, ainsi qu'ont fait les anciens preux.
Il pousse aveuglément sa course vagabonde, Sans vergogne, sans peur de plus rudes combats. Si Dieu ne l'aide point, que Satan le seconde !
Qu'il jouisse de tout ce qu'on rêve ici-bas, Richesse en plein soleil et volupté dans l'ombre. Et que Mahom l'accueille en ses joyeux sabbats!
Il est brave, il est jeune et fort. Qui sait le nombre De ses jours triomphants? Son désir satisfait. Il se repentira quand viendra l'âge sombre.
N'est-il plus clerc rapace ou vil moine, en effet,
Qui, pour quelques sous d'or, ne puisse, sans scandale.
Absoudre du péché non moins que du forfait?
Il vouera, s'il le faut, sa terre féodale
Au Saint-Siège, et le noir donjon vermiculé
Où les os des aïeux blanchissent sous la dalle.
Une châsse d'argent massif et constellé D'émeraudes, avec dix chandeliers d'or vierge. Le rendront net et tel qu'un Ange immaculé.
Par Dieu ! maint Empereur, que l'eau bénite asperge, A fait pis, et mourut en paix, qui, sur l'autel, Le nimbe aux tempes, siège à la lueur du cierge.