‹ Poèmes tragiquesChapitre 60 sur 69 · i;s f:i{iNN Yi'.s · texte numérisé non relu

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Hst-cc ;\ la .s.iinic Argos qu'un ul opprobre cit du, l'cinnic ?

Mais le jeune lionmie indignement vendu, L'cnlant d'un noble père et d'une mère impie, Orestès est vivant!

K I. VTAIMNI-STKA.

Qu'il vive, et qu'il expie La honte d'être né de ce sang odieux!

Je consens qu'il grandisse, éloigné de mes yeux, Sans patrie et sans nom. C'est assez qu'il respire. L'exil est dur? La mort irrévocable est pire.

TALTHYBIOS

Grands Dieux! Ton fils aussi, femme, tu le tuerais?

Son père a bien tué ma fille! Je le hais.

Je hais tout ce qu'aima, vivant, ce Roi, cet homme.

Ce spectre : Hellas, Argos, la bouche qui le nomme,

Le soleil qui l'a vu, l'air qu'il a respiré,

Ces murs que souille encor son cadavre exécré.

Ces dalles que ses pieds funestes ont touchées.

Les armes des héros par ses mains arrachées.

Et les trésors conquis dans les remparts tumants.

Et ce que j'ai conçu de ses embrassements !

EURYBATÈS

Courons! Crions la mort du Roi. Qu'Argos se lève!

TALTHYBIOS

Il faut saisir la hache et dégainer le glaive,

Et traîner le tyran par les pieds hors des murs!

Les actes les plus prompts, amis, sont les plus sûrs.

EURYBATÈS

Certes ! allons ! 11 faut que la foule accourue Dans ce palais fatal, furieuse, se rue. Hâtons-nous!

KLYTAIMNESTRA

C'est assez, vieillards, et tout est bien. L'épouvante est au seuil de chaque citoyen. Le fils de Thyestès, de l'éclair de sa lance, Sur toute bouche ouverte a cloué le silence. Faites ainsi. Sinon, par l'homme châtié Qui gît là! par les noirs Daimones! sans pitié Pour votre barbe blanche et pour vos larmes vaines. L'inexorable airain épuisera vos veines : Vous mourrez tous, vieillards! J'en jure un grand serment.

TALTHYBIOS

Reine Klytaimnestra, tu parles hardiment.

Nous remettons aux Dieux la vengeance prochaine!

EURYBATÈS

Mais si la foudre, un jour, sur ton front se déchaîne.

Si l'expiation se mesure au forfait, Souviens-toi, fennnc !

Soit. J'en subiiai l'cllct.

Quitte/ ce vain souci dont voire âme est chargée. Aile/!

Les vieillards sortent.

KLYTAIMNESTRA, stulc

J'aime, je règne! et ma fille est vengée! Maintenant, que la foudre éclate au fond des cieux Je l'attends, tête haute, et sans baisser les yeux!

DEUX I KM K l'AKIiK

O rcs/i's

A gauche, le palais de Pélops. A droite, arbres et rochers. Au fond de la scène, un tertre nu, et, au delà, la plaine d'Argos.

Les Khoèphores, portant les coupes des libations et les guirlandes funéraires, sortent du palais, et se rangent en deux demi-chœurs de chaque côté du tertre.

KALLIRHOÈ, ISMÈNA, LE Chœur des Khoèphores.

KALLIRHOÈ.

Femmes, sur ce tombeau cher aux peuples Hellènes Posons ces tristes fleurs auprès des coupes pleines. L'offrande funéraire est douce à qui n'est plus.

£//es posent les coupes et les gtmlandes.

292 POÈMES TRAGIQ.UES.

Il convient, selon l'ordre et le rite voulus, Que l'illustre Élektra, la tempe deux fois ceinte, Verse au mort bien-aimé la libation sainte, Et l'appelle du fond de l'Hadès souterrain. Ainsi le veut la Femme impie, au cœur d'airain. De sombres visions brusquement l'ont hantée : On dit que de l'Époux la face ensanglantée, Quand vient la nuit divine, habite dans ses yeux, Et qu'on entend parfois des cris mystérieux Et d'horribles 5anglots à travers la demeure!

Puisse l'Hadès aussi l'entendre! et qu'elle meure!

KALLIRHOÈ.

Assurément, son âme est en proie au remord?. La mâchoire du Feu mange la chair des morts; ' Mais l'invincible esprit jaillit de leur poussière.

ISMÈNA.

Quand le meurtre a rougi la terre nourricière. Quel fleuve, ou quelle mer, a jamais effacé La souillure du sang aux mains qui l'ont versé? Elle tremble aujourd'hui, cette louve traquée, De voir enfin surgir la vengeance embusquée ; Car les divinateurs ont révélé ceci.

Que le châtiment veille, et n'est pas loin d'ici. Ils savent le secret des songes et des charmes.

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