ADIEUX A LA PO^-SIE
En vain une neige glacée
D'IIoitièrc ombrageait le menton ;
El le rayon de la pensée
Uendail la lumière écli|)Si'c
Aux yeux aveugles de Milton. 90
Autour d'eux voltigeaient encore
L'amour, l'illusion, l'espoir.
Comme l'insecte amant de Flore
Dont les ailes semblent éclore
Aux tardives lueurs du soir. çS
Peut-être ainsi... Mais avant l'âge
Où lu reviens nous visiter,
Flotlant de rivage en rivage,
J'aurai péri dans un naufrage,
Loin des deux que je vais quitter. 100
Depuis longtemps ma voix plaintive
Sera couverte par les flots.
Et, comme l'algue lugilive.
Sur quelque sable de la rive
La vogue aura roulé mes os. io5
Mais loi, lyre mélodieuse.
Surnageant sur les Ilots amers,
Des cvgiies la lrou[)e envieuse
Suivra ta trace liarmonieusc
Sur l'abîme roulant des mers. no
S7. La légende antique représente toujours Homère sous les traits d'un vieillard aveugle.
f)0. Millon. Poète anglais (1O08-1674), également aveugle. Son principal ouvrage est le poème du Paradis perdu.
Ç)'i. L'insecte. La luciole. — Flore. Uèc^se des fleurs chez les Romains.
100. Que je vais qailicr. Il est dilTicilc de dire à quel événement ou à qnei projet ce vers fait allusion.