‹ PoésieChapitre 103 sur 274 · ADIEUX A LA PO^-SIE · texte numérisé non relu

ADIEUX A LA PO^-SIE

En vain une neige glacée

D'IIoitièrc ombrageait le menton ;

El le rayon de la pensée

Uendail la lumière écli|)Si'c

Aux yeux aveugles de Milton. 90

Autour d'eux voltigeaient encore

L'amour, l'illusion, l'espoir.

Comme l'insecte amant de Flore

Dont les ailes semblent éclore

Aux tardives lueurs du soir. çS

Peut-être ainsi... Mais avant l'âge

Où lu reviens nous visiter,

Flotlant de rivage en rivage,

J'aurai péri dans un naufrage,

Loin des deux que je vais quitter. 100

Depuis longtemps ma voix plaintive

Sera couverte par les flots.

Et, comme l'algue lugilive.

Sur quelque sable de la rive

La vogue aura roulé mes os. io5

Mais loi, lyre mélodieuse.

Surnageant sur les Ilots amers,

Des cvgiies la lrou[)e envieuse

Suivra ta trace liarmonieusc

Sur l'abîme roulant des mers. no

S7. La légende antique représente toujours Homère sous les traits d'un vieillard aveugle.

f)0. Millon. Poète anglais (1O08-1674), également aveugle. Son principal ouvrage est le poème du Paradis perdu.

Ç)'i. L'insecte. La luciole. — Flore. Uèc^se des fleurs chez les Romains.

100. Que je vais qailicr. Il est dilTicilc de dire à quel événement ou à qnei projet ce vers fait allusion.

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