PÈLERINAGE D'HAROLD
rcloiirne en Grèce, part comme à la croisade, et va « de son or et do son bras soutenir la liberl(' renaissante d'une grande race ». « Enflannné d'une ardeur militaire (jui allait jusqn'au délire », il orjraniso la défense dff Missolon^'lii contre les Turcs. Mais sa santé est atteinte ; il meurt le 19 avril 182?^, à l'âge de trente-six ans, sans pouvoir assister au triomphe de la cause à larpielle il s'est dévoué.
Dans le Dernier Chant du Pèlerinage d'IIarold, suite et pasticlio de l'œuvre anglaise, Lamartine, « voulant conduire le poème de Cliilde Harold jusqu'à son vérilable ferme, la mort du héros, le reprend où lord Byron l'avait laissé, et, sous la fiction transparente du nom d'Harold, chante les dernii'res actions et les dernières pensées de lord Bvron lui-même, son [lassage eu Grèce et sa mort ».
Donner une suite à Cliildc Ilurold, c'était, dans la pensée de Lamartine, payer au grand romantique anglais le tribut d'une admiration fervente. Il avait un culte pour lui : « Lord Byron, déclarait-il, est incontestablement à mes yeux la plus grande nature poétique des siècles modernes. » Lne chose toutefois effarouchait sa sympathie et gênait son enthousiasme : c'était l'irréligion affectée, le scepticisme impénitent de Byron. li lui avait dédié en 18 19 sa méditation intitulée r//omme (ci-dessus, II), oi'i, se posant en face de ce champion du dovilc et du désespoir en champion de l'espérance et de la foi, il l'engageait à renoncer à l'impiété. Dans le Dernier Chant du Pclcrinarjr d'IIarold, il ne put se défendre de transformer son héros dans le sens de ses désirs, et do faire mourir. Byron, sinon chrétien, du moins 1res ébranle dans son incrédidité. Do l'aveu de Lamartine lui-môme, le Dernier Chant fut écrit « dans ime intention religieuse », afin, dil-il, « de montrer la nécessite d'une foi venant d'en haut » (lettre à de Fréminvillc, sept. i825}.
92 PÈLERINACK I) Il AROLD