‹ PoésieChapitre 117 sur 274 · HOMÈRE · texte numérisé non relu

HOMÈRE

Ce morceau fait suite au précédent, mais n'a guère de rapport avec lui. C'est une pure digression, mise à cette place et dans la bouclift d'Ilarold par artifice. — Le poète chanle la gloire d'Homère et invective contre l'engeance des critiques malveillants qui s'acharnent après le génie.

Homère ! A ce grand nom, du Pindc à l'Hellespont, Les airs, les cieux, les flots, la terre, tout répond. Monument d'un autre âge et d'une autre nature, Homme, l'bomme n'a plus le mot qui te mesure I Son incrédule orgueil s'est lassé d'admirer. Et, dans son impuissance à te rien comparer, 11 le confond de loin avec ces fables même, Nuages du passé qui couvrent ton poème.

1. Da Pinde à l'Hellespont: toute la Grèce, depuis le sommet des monts jusqu'à la nier. — Sur le Pinde, v. XVIII, 5(|. Son point culiuinanl est à 2 574 mètres au-dessus delà mer. — L'Jlellesponi est le uom ancien du détroit des Dardanelles.

2. Monument : type. Le mot ne s'applique pas d'ordinaire à une personne. 4. Homme, c'est-à-dire quoiqiie tu tusses, toi aussi, un homme. — Par ce

mot et par ce qui suit, Lamartine se prononce contre la théorie, mise en vogue par Friedrich-August Wolf (i75(]-i<S2ri), d'après laquelle Homère n'aurait pas existé. Cette théorie est aiijourd hui abandonnée : les érudits admettent généralement qu'Homère fut le nom d'un aède très ancien, à qui ses descendants vouèrent un culte et qui devint bientôt légendaire. On lui attribua, entre autres compositions de génie, l'Iliade et VUdyssée, qui ne sont certainement pas du même temps l'une que l'autre, et qui, sous la l'orme où elles nous sont parvenues, ne sont ni l'une ni l'autre l'œuvre d'un auteur unique.

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