Les ailes dix vent. V. VIII, 3i (note
Sy. L'instinct seul. L'instinct qui vous fait, avant l'aube, pressentir le lever du jour.
Ji4 HARMONIES POÉTIQUES ET RELIGIEUSES
Allendez que l'ombre meure,
Oiseaux, ne chantez qu'à l'heure
Où l'aube naissante effleure dâ
Les neiges du mont lointain.
Dans l'hymne de la nature,
Seigneur, chaque créature
Forme à son heure en mesure
Un son du concert divin ; 5y
Oiseaux, voix céleste et pure, ,
Soyez le premier murmure
Que Dieu reçoit du matin !
Et moi sur qui la nuit verse un divin diclamc, Qui sous le poids des jours courbe un iront aballu, 55
Quoi instinct de bonheur me réveille? 0 mon âme, Pourquoi me réjouis-lu ?
C est que le ciel s'entr'ouvre, ainsi qu'une paupière Quand des vapeurs des nuits les regards sont couverts; Dans les sentiers de pourpre aux pas du jour ouverts 60
Les monts, les flots, les déserts
Ont pressenti la lumière ; Et son axe de ilamme aux bords de sa carrière Tourne, et creuse déjà son éclatante ornière
Sur l'horizon roulant des mers. 65
Chaque être s'écrie :
C'est lui, c'est le jour!
C'est lui, c'est la vie !
58. Celle strophe comprend Iroib Icinps successifs : i« crépuscule préccidanl l'aube (v. 58-5g); 2" premières lueurs do l'auho, avanl-coureuses delà vraie lumière (v. 60-62) ; 3° apparilion du soleil (v. 03-0')).
5i). Entendez : quand le regard est encore voile comuio d'une brume par les ténèbres de la nuit. C'est 1 impression (ju'on éprouve quand on so réveille avant le jour et qu'on ouvre les jeux en pleine obscurité.
60. I)ans les sentiers de pourpre... dépend directouicnt de ont pressenti. .\ la vue du ciel empourpré, toute la nature a scnli que la lumière va paraître.
63. Axe: essieu ; pour char, par métonymie. Cf. VIII, 2. — Durds. Y. IV, 6 (noie).