‹ PoésieChapitre 130 sur 274 · HYMNE DT7 MATIN · texte numérisé non relu

HYMNE DT7 MATIN

11 croule, et sa poussière En llocons de lumière Roule et disperse au loin tous ces fragments du jour.

La barque du pêcheur tend son aile sonore i3o

Où le vent du matin vient déjà palpiter,

Et bondit sur les flots que l'ancre va quitter,

Pareille au coursier qui dévore

Le frein qui semble l'irriter.

Le navire, enfant des étoiles, i35

Luit comme une colline au bord de l'horizon, Et réfléchit déjà dans ses plus hautes voiles La blancheur de l'aurore et son premier rayon. Léviathan bondit sur ses traces profondes, Et, des flots par ses jeux saluant le réveil, lio

De ses naseaux fumants il lance au ciel les ondes Pour les voir retomber on rayons du soleil.

L'eau berce, le mât secoue

La tente des matelots ;

L'air siffle, le ciel se joue id5

Dans la crinière des flots ;

Partout l'écume brillante

D une frange étinoelante

Ceint le bord des flots amers :

Tout^^si bruit, lumière et joie ; i5o

C'est l'astre que Dieu renvoie,

C'est l'aurorb sur les mers.

0 Dieu, vois sur la terre ! un pâle crépuscule

Teint son voile flottant par la brise essuyé;

Sur les pas de la nuit l'aube pose son pied ; i5

i35. Le navire, par opposition à la barque du v. i3o, — Enfant des étoiles. La barque du pécheur ne quitte le rivage qu'au matin; grâce aux étoiles qui dirigent et protègent sa route, le n;ivire a vojaré pendant lu nuit sur la haute mer

i3g. léviathan. Animal mon?trueux que décrit le Livre de Job (XL-XLI) rt q\n, d'après certains commentateurs, représente la baleine. — Ces vers sont une paraphrase du Psaume CIV, verset 26: « C est là (sur la mer) que les navires se promènent, et ce Léviathan que tu as formé pour s'y jouer. »

i54. Son voile : le voile de la terre, les brumes matinales.

L'ombre des monts lointains se déroule et recule,

Comme un vôtemcnt replié.

ScS lambeaux, déchirés par l'aile de l'aurore. Flottent livrés aux vents dans l'orient vermeil ; La pourpre les enflamme et l'iris les colore ; i*"!.

Ils pendent en désordre aux lentes du soleil, Comme des pavillons quand une flotte arbore Les couleurs de son roi dans les jours d'appareil.

Sous des nuages de fumée Le rayon va pâlir sur les tours des cités, iGd

Et sous l'ombre des bois les hameaux abrités, Ces toits par l'innocence et la paix habités,

Sur la colline embaumée.

De jour et d'ombre semée, Font rejaillir au loin leurs flottantes clartés. 170

Le laboureur répond au taureau qui l'appelle, L'aurore les ramène au sillon commencé, 11 conduit en chantant le couple qu'il attelle, Le vallon retentit sous le soc renversé ;

Au gémissement de la roue 176

Il mesure ses pas et son chant cadencé ; Sur sa trace en glanant le passereau se joue,

Et le chêne à sa voix secoue Le baume des sillons que la nuit a versé.

L'oiseau chante, l'agneau bêle, 180

L'enfant gazouille au berceau,

La voix de l'homme Aç mcle

Au bruit des vents et de l'eau ;

L'air frémit, l'épi frissonne.

L'insecte au soleil bourdonne, iS5

i58. L'aile de V aurore. V. VIII, 3i (n.l.).

iG.'). De famée : la fiitnée qui s'élève dos villes et que fravorfcnt les ravons il:i soleil.

i()D. Hayon. V. XIX, i (note).

Page 1