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Les reconnaître : les distinguer les uns des autres

Sof). Nous donc : nous royalistes. Ces deux dernières strophes s'adressent directement aux monarchistes, au nombre desquels Lamartine ne se comptera plus longtemps. Déjà, dans sa lettre Sur la politique rationnelle, il se classait parmi les « royalistes constitutionnels, hommes de fidélité et 4 liberté à la fois ». (Po/. roL. VlU). — ToU. Y. XXIIl, 167 (note).

ITi HARMONIES POETIQUES ET RELIGIEUSES

Tombons cnveloppi's de ces sacrés linceuls ! Mais ne ressemblons pas à ces rois d'Assvrie Qui traînaient au tombeau femmes, enfants, patrie, Et ne savaient pas mourii- seuls ;

Qui jetaient au bùclier, avant que d'v descendre, 2iJ

Famille, amis, coursiers, trésors réduits en cendre, Kspoir ou souvenirs de leurs jours plus lieuicuv. Et, livrant leur empire cl leurs dieux à la flamme, Auraient voulu qu'aussi l'univers n'eût qu'une âme,

Pour que tout mourût avec eux 1 Sao

3 12. Ces rois d'Assyrie. Allusion à la morl de S.irilanapale : cerné dans Piinive, sa capitale, et sur le point de toniher entre les mains de ses ennemis, il til élever un immense bùcLer dans l'une des cours de son palais et s'y fit brûler avec ses trésors et ses femmes.

ÉPISODE JOURNAL TllOUVÉ CHEZ UN CURÉ DE CAMPAGNE

« Ce n'est point un poème, c'est un épisofle, » écrivait Lamarliim dans VAvcrlisserncnt de la première édition de Jocelyn (iS3G). Et il cx|iliqiiail qu'il avait détaché ces pages d'une œuvre poétique qu'il ne cessait de rêver et de méditer depuis sa jeunesse, et dont il avait exécuté plusieurs parties à diverses époques de sa vie, sans en rien publier. Ce rêve du poète était une vaste épopée, religieuse, populaire et humanitaire, qu'il ne devait jamais réaliser complètement : « ...Je cherchai quel était le sujet épique approprié à l'époque, aux mœurs, à l'avenir, qui permît au. poète d'être à la fois local et universel, d'être merveilleux et d'être vrai, d'être immense et d'être un. Ce sujet, il s'oflVait de lui-même, il n'y en a pas deux : c'est l'humanilé, c'est la destinée de l'honîme, ce sont les phases que l'esprit humain doit parcourir pour arriver à ses fins par les voies de Dieu. — Mais ce sujet si vaste, et dont' chaque poète, chaque siècle peut-être, ne peuvent écrire qu'une page, il fallait lui trouver sa forme, son drame, ses types individuels. C'est ce que je tentai... »

« J'ai choisi, ajoutait-il, parmi les diverses scènes de mon drame épique déjà exécutées, une des .scènes les plus locales et les plus contemporaines, pour la donner aujourd'hui au public... C'est un fragment d'épopée intime ; c'est le type chrétien à noire époque ; c'est le curé de village, le prêtre évangéhque, une des plus touchantes figures de nos civilisations modernes. Je n'ai eu qu'à y coudre un prologue et un épilogue, pour faire de cet épisode une espèce de petit poème avant son commencement et sa fin. «

En réalité, Jocf/j/i, commencé probablement en i83i (a), ne devait

(a) V. Correspondance, t. III, p. ar.a, lettre h M'"" rie Girardin du 3 novfin- In-c, et p. 255, lettre à Viricu du ii décembre i83i. — On remarquer,-» que le « prologue » dont Lamartine parle dans la prciniore de ces lettres n'rlnit probablement pas le prologue actuel, qui no fut sans doute composé qu'après la mort de l'abbé Dûment (^janvier i832) ; peut-être désigno-t-il ainsi la « première époque » du texte définitif.

être d'abord, dans la ponste de Lamartino, rju'iin polit poèmo m quatro chanls. Ce nV-sl qn'apn's suii retour d'Orient (i83'i) cpi'il élargit sa conception primitive, do façon à on faire une véritable reiivre épique (V. Introduction, p. xlix).

Quant au sujet de Jocelyn, « ce n'est point une invention, c'est presque un récit... Que le lecteur substitue mon nom à celui du botaniste, et il sera bien près d'une aventure toute réelle, dont le poète, ami de Jocelyn, n'a été que l'historien ».

L'homme qui a servi de modèle au personnage de Jocelyn est, en elTet, un certain abbé Duinont, qui fut vicaire, puis curé du village de Bussières, paroisse dont Milly relevait. Lamartine a tracé son portrait à plusieurs reprises dans ses œuvres en prose («), et les aventures véritables qui ont fourni le thème du poème sont narrées en détail dans les Confidences (XII, xvii-xxiv). Nous ne pouvons que renvoyer à ce long et curieux récit. Il va sans dire que le poète a modifié de nombreuses circonstances et considérablement brodé sur celte donnée réelle; il y a mêlé et amalgamé beaucoup de souvenirs personnels.

Le poème de Jocelyn est divisé en neuf « époques », précédées d'un « prologue » et suivies d'un « épilogue ». 11 porte en épigraphe le mot grec *F'J/7J, âme.

(a) V. siirtout Confidences, V, v; XII, vu rt suiv. — Sur la nianiJre dont Lamartine a idéalisé le portrait de l'ahbé Dûment, v. LacrclcUc, Les Origines et la Jeunesse de Lamartine, p. li-j et suiv.

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