Du sang. Si j'étais exécuté
19D. Epanouir, pour: nous épanouir. V. I, 26 (note).
199. Remord. Licence, pour remords. Cf. XLIV, 261 ; XLVII,88.
200. Plus fort que la mort. Cf. Cantique des Cantiques, VIII, 6 : « L'amour est fort comme la mort. »
2o3. Trois fois pur. Sorte de superlatif liturgique. Cf. la formule ritu' lie: K Saint, saint, saint est le Seigneur... »
ao4. IS'eùi jamais. Sous-entendu : sans vous.
Parler d'amour, grand Dieu, sous ces ombres muelles ! 2o5
Insensé, regardez, et songez où vous êtes !
Voyez dans les cachots ces membres amaigris,
Ces bras levés à Dieu, par des chaînes meurtris;
Cette couche où l'Église expire, et sent en rêve
Le baiser de l'Époux dans le tranchant du glaive ; ai ■
Ce sépulcre des morts par la vie habité,
Qui ne se rouvre plus que sur l'éternité ;
Ces fers dont les anneaux tout rouilles sur nos membres
Ont rivé Jésus-Christ à chacun de ses membres ;
Et ce pain d'amertume, et ce vase de iiel, aiô
Délicieux banquet de ces noces du ciel !
Et c'est là, c'est devant ces témoins de supplice,
Devant ce moribond qui marche au sacrilice,
Que vous osez parler de ces amours mortels,
Vous, consacré d'avance à nos heureux autels; sjo
Vous, que leur sacré deuil, le sang qui les colore,
Par un plus fort lien y consacrait encore !
Ah ! que cette amertume ajoute à mon trépas !
Quoi! vous, trahir! Mais non, cela ne se peut pas I
Vous ne souillerez pas une si chaste vie, aaô
Vous ne jetterez pas à mon front celte lie,
Vous ne donnerez pas cette absinthe, au lieu d'eau,
Au vieillard qui demande une goutte au bourreau;
Vous ne laisserez pas l'âme de votre père
Partir sans emporter le pardon qu'elle espère, a3o
Sans avoir entendu d'un ministre de Dieu ,
La parole de paix et le salut d'adieu !
Ah! que j'ai demandé cette heure au divin Maître!
Combien j'ai soupiré pour qu'un juste, un saint prêtre,
A ses pieds, comme Dieu, me reçût à genoux, a35
Me dît avant la mort : « Vivez, je vous absous ! »
Pour qu'il offrît pour moi, la veille du supplice.
Cette coupe du sang, ce fruit du sacrifice
208. A, pour : vers. V. XII, 4 (noie). 210. L'Epoux : le Christ.
2 1.1. Ses mtmbres : nous, chrétiens. — Pour la rime, cf. XXVII, ii3-ii5 et la note.
23 1-232. Dieu, adieu. V. II. 25-26 (note). aâS. Ce fruit du sacrifice (de Jésus) : l'hostie.
Que mes doigts mutilés ne peuvent plus tenir,
Et me bénît ce pain que je n'ose bénir! aio
Et quand l'ange, exauçant enfin ma dernière heure,
Vous amène du ciel au père qui vous pleure ;
Quand, pour diviniser cette heure du trépas.
Il ne me faut qu'un mot... vous ne le diriez pas!
0 mon enfant, au nom de ces larmes dernières »4!i
Qui sur vos mains de fils tombent de mes paupières,
Au nom de ce^ cheveux blanchis dans les cachots,
De ces membres promis demain aux échafauds ;
Au nom des tendres soins que j'ai pris de votre âme.
Au nom de votre mère, au nom de celte femme a5o
Qui, si son œil de vierge ici pouvait vous voir,
Vous pousserait du geste et du cœur au devoir.
Et qui, fille du Christ, ne voudrait pas sans doute
Acheter votre vie au prix qu'elle vous cdùte.
Déchirez le bandeau qui recouvre vos yeux ; j55
Dites ce mot, mon fils; que je l'emporte aux cicux !... >
La sueur de mon front tombant à grosse goutte.
Avançant, reculant, comme un homme qui doute.
Je demeurais muet, méditant, interdit.
D'un courroux surhumain son regard resplendit; a6o
Son corps se redressa, comme si son idée
L'eût soulevé du sol, grandi d'une coudée;
Son bras chargé de fers s'étendit contre moi;
Le cachot s'éclaira de l'éclair de sa foi.
Je crus voir de son front la foudre intérieure a65
Jaillir et serpenter dans la sombre demeure ;
Sa voix prit la colère et la vibration
Du prophète lançant la malédiction.
Des lions de Juda rugissement terrible !
a Eh bien ! puisqu'à mes pleurs vous restez insensible, ayn
aSg. Afutilés. Hyperbole : aflaiblis, débiles.
a/li. Ma dernière heure. Elliptique : le vœu de ma dernière heure.
a42. Pleure : désire en pleurant. V. VII, 35 (note).
257. A grosse goutte. Licence, pour le pluriel. Rapprocher IX, 6i ; X.V, iliti: X\X, 22; XXXVII. 5o.