‹ PoésieChapitre 209 sur 274 · Implore. V. VII, 35 (note · texte numérisé non relu

Implore. V. VII, 35 (note

281-283. Garder ihabil. Allusion à la lapidation de saint Etienne, pendant laquelle l'apôtre Paul, qui notait pas encore converti, gardait le» habits des meurtriers {Actes des Apôtres, VII, 58). — Licteur : exécuteur. A Rome, les lirleiirs attachés à la personne des grands magistrats étaient chargée d'excculcr les sentences capitales.

Sans crainte alors on parle, et l'on entend sans doute,

Dans la voix du mourant c'est Dieu que l'on écoute.

Je suis à cet instant, et je sens dans mon cœur

Ce Verbe du Très-Haut (|ui parle sans erreur.

11 me dit d'arracher, d'une main surhumaine, 3. ;

Un de ses fils au piège où le monde l'entraîne ;

Il donne à mes accents l'autorité du sort;

Je prends sur moi l'arrêt qui de mes lèvres sort,

Je prends sur mon salut la sainte \iolcncc

Qui vous jette à mes pieds sans plus de i-ésistance : 3i«

Obéissez à Dieu, qui tonne dans ma voix ! »•

De sa main, de ses fers mon front sentit le poids ;

Je crus sentir de Dieu la main et le tonnerre

Qui m'écrasaient du bruit et du coup sur la terre.

Pétrifié d'horreur, tous les sens foudroyés, Sifi

Je tombai sans parole et sans souffle à ses pieds :

Un changement divin se fit dans tout mon être;

Quand il me releva de terre, j'étais prêtre!...

.Tocelyn reçoit la confession de l'évéque, dit une messe dans le cachot et, vêtu du costume des gardiens, accompagne le vieillard à l'échafaud. Mais il tombe brisé d'émotion et ne revient à lui que dans l'hôpital de Grenoble, où on l'a transporté mourant. Il y apprend la fin de la Terreur, le rétablissement de la liberté civile, la réouverture des églises (a).

Une sœur de l'évéque se trouve parmi les religieuses de l'hôpital : Jocelyn lui confie son secret. Elle lui promet de recueillir Laurence et de prendre soin d'elle, en attendant de pouvoir la rendre à sa famille. Quelques jours après, ils montent ensemble à la Grotte des Aigles. La sœur y pénètre d'abord et raconte tout à Laurence. Le désespoir de Laurence est poignant. Jocelyn se montre, confirme le récit de la sœur ; Laurence pousse un cri terrible et s'évanouit. On l'emmène sur un brancard, et Jocelyn demeure seul, plusieurs jours encore, dans la grotte, luttant contre lui-même, et s'évertuant à la résignation.

3oi. Sans doale : sans avoir de doute sur la vérité de ce que dit le mourant. 3i8. M""» de Girardin déclarait cette scène tragique « digne de Polyeucte n .

(a) Lamartine place en août lygS la mort de Robespierre et la fin de la Terreur, qui datent en réalité de juill»t 1794.

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