‹ PoésieChapitre 211 sur 274 · Désert. V. I. 34 (note · texte numérisé non relu

Désert. V. I. 34 (note

43. Matin: levant (comme aurore ailleurs, cf. I, 22). Rapprocher v. ^3 : au jour du matin.

46. Tous ces pieds humains. Elliptique : les pieds de tous les humains doc» village.

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Et ses ronces grimpant en échelle, en feston, 5o

Jusqu'au cliaumc moussu qui lui sert de fronton.

On ne peut distinguer celte chaumière sainte

Qu'au plus grand abandon du petit champ d'enceinte,

Où le sol des tombeaux, par la mort cultive'',

N'offre qu'un tertre ou deux tous les ans élevé, 55

Que recouvrent bientôt la mauve et les orties,

Premières fleurs toujours de nos cendres sorties.

Et qu'à l'humble clocher qui surmonte les toits

Et s'ouvre aux quatre vents pour répandre sa voix.

Ma demeure est auprès ; ma maison isolée 6u

Par l'ombre de l'église est au midi voilée.

Et les troncs des noyers qui la couvrent du nord

Aux regards des passants en dérobent l'abord.

Des quartiers de granit que nul ciseau ne taille.

Tels que l'onde les roule, en forment la muraille: Cj

Ces blocs irréguliers, noircis par les hivers.

De leur mousse natale y sont cncor couverts ;

La joubarbe, la menthe, et ces fleurs parasites

Que la pluie enracine aux parois décrépites,

Y suspendent partout leurs panaches flottants, 70

Et les font comme un pré reverdir au printemps.

Trois fenêtres d'en haut, par le toit recouvertes.

Deux au jour du matin, l'autre au couchant, ouvertes,

Se creusant dans le mur comme des nids pareils,

Reçoivent les premiers et les derniers soleils; 70

Le toit, qui sur les murs déborde d'une toise,

A pour tuiles des blocs et des pavés d'ardoise,

Que d'un rebord vivant le pigeon bleu garnit.

Et sous les soliveaux Ibirondelle a son nid.

5o. Feston. Licence, ])out feslons. Cf. XXXVI, 267 (noie). 55. Elevé. Licence, iioiir élèves.

Ca. La couvrent du nord: la protègent contre les vents du nonl. — Cf. Boileau, Epilres, VI, 20 :

Et le monl la défend des outrages du nord. 6i. Taille : a taillé. V. XI. 20 (note).

75. Les premiers elles derniers soleils. Elliptique; les prciiiicrs et les ili rniers rayons du soleil.

76. 'Joise. V. V. 17 (note). Dans les pays de neige, le bord des toits forir.o touvcpt de larges auvents comme celui qui est décrit ici.

Pour défendre ce toit des coups de la tempête, 80

Des quartiers de granit sont posés sur le faite,

Et, faisant ondoyer les tuiles et les bois,

Au vol de l'ouragan ils opposent leur poids.

Bien que si haut assise au sommet d'une chaîne,

Son horizon borné n'a ni grand ciel ni plaine : 85

Adossée aux parois d'un étroit mamelon.

Elle n'a pour aspect qu'un oblique vallon

Qui se creuse un moment comme un lac de verdure.

Pour donner au verger espace et nourriture,

Puis, reprenant sa pente et s'y rétrécissant, 90

De ravins en ravins avec les monts descend.

Les troncs noirs des noyers, un pan de roche grise,

L'herbe de mon verger, les mui's nus de l'église,

Le cimetière avec ses sillons et ses croix,

Et puis un peu de ciel, c'est tout ce que je vois. gS

Mais combien, aux regards du peintre et du poêle,

En vie, en mouvement, la nature rachète

Ce qu'elle a refusé d'espace à l'horizon !

Une cascade tombe au pied de la maison,

Et le long d'une roche, en nappe blanche et fme, 100

Y joue avec le vent dont un souffle l'incline,

Y joue avec lé jour dont le rayon changeant Semble s'y dérouler dans ses réseaux d'argent, Et, par des rocs aigus dans sa chute brisée.

Aux feuilles du jardin se suspend en rosée. io5

Légère, elle n'a pas ce bruit tonnant et sourd Qu'en se précipitant roule un torrent plus lourd ;

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