INTRODUCTION XXXIII
sée platonicienne est pour Lamartine un thème sur lequel son imagination personnelle, nourrie de christianisme et teintée de romantisme, se donne carrière, soit qu'il répande sur l'austère simplicité de son sujet des omhellissements descriptifs d'un goût parfois douteux, soit qu'il tente entre le platonisme et le christianisme de périlleuses conciliations. Il en résulte une œuvre équivoque, où Socrate, chrétien sans l'être, parle et meurt en illuminé, ~>ù une espèce de mysticisme composite tient lieu tout à la fois de philosophie et de religion. Ces réserves faites, et à condition qu'on ne la lise pas trop près du Phédon, la Mort de Sacrale reste émouvante et belle : l'altération des données historiques, la déformation de la doctrine, la fausseté même du ton n'empêchent pas la poésie.
Les Nouvelles Méditations poétiques parurent en octobre 1823. «,1e viens de vendre 14 000 francs comptant mon deuxième volume de Méditations, livrable et payable cet été... Ayant vendu mon livre, il a bien fallu le faire », écrivait-il négligemment à Virieu, en février. En réalité, il y travaillait dès le mois d'avril 18'20'. Elles n'eurent pas le succès des premières. « C'est, dit Lamartine, que les premières étaient les premières, et que les secondes étaient les secondes. » Mais aujourd'hui encore, malgré l'admiration qu'enlèvent des beautés supérieures, on ne saurait se défendre d'une impression quelque peu équivoque et mêlée. Plusieurs pièces antérieures aux premières Méditations, et que vraisemblablement Lamartine n'avait pas jugées dignes d'y figurer : Sapho, A El***, Élégie, Tristesse, l'Ange, VOmhre de Samuel, sont ici pour faire nombre. La célèbre pièce du Crucifix se rapporte au souvenir de Julie, mais l'artifice littéraire, le souci de l'efîet à produire ne lui laissent pas toute la pureté du Tmc. Quant aux pièces vraiment nouvelles, le Passé, Ischia, l'Esprit de Dieu, Bonaparte, les Étoiles, la Solitude, les Préludes, etc., elles répondent à des pensées très diverses, parmi lesquelles on n'arrive guère à saisir l'inspiration dominante.
Les unes ne veulent être que le soupir paisible d'un cœur heureux (Ischia, Chant d'amour) ; mais, au sein de ce bonheur même, le Passé révèle une mélancolie poignante 2. La Solitude, les Étoiles semblent être deux ébauches, d'ailleurs très