Cf. leUre à Mme de Raigeconrt du aS avril
2. On peut noter que ce n'est pas par le Passé, mais par l'Esprit de Diea que s'ouvrait la première édition.
LAllAEIlSE. — POlisifi. '*
X\\.1V LAMARTINE : ŒLMIES CHOISIES
inégales, de cette poésie nouvelle que Lamartine ne fait encore qu'aborder et qu'il portera à sa perfection dans les Harmonies. Le cadre intime, un peu étroit, des paysages de Milly ou de Lenips ne suffit plus à son imagination, emportée par une sorte d'enthousiasme sacré ; c'est au plus haut sommet des monts, c'est dans l'insondable profondeur du ciel étoile, qu'il va désormais chercher Dieu :
Salut, brillants sommets! champs de neige et de glace I Vous qui d'aucun mortel n'avez garilé la trace. Vous que le regard même aborde avec effroi. Et qui n'avez souffert que les aigles et moi I Œuvres du premier jour, augustes pyramides Que Dieu même affermit sur vos bases solides. Confins de l'univers, qui depais ce grand jour N'avez jamais changé de forme et de contour ! ....
(La Solilude.j
De ces astres brillants, son plus sublime ouvrage. Dieu seul connaît le nombre, et la distance, et l'âge ; Les uns, déjà vieillis, pâlissent à nos yeux ; D'autres se sont perdus dans la route des cieux ; D'autres, comme des fleurs que son souffle caresse. Lèvent un front riant de grâce et de jeunesse. Et, charmant l'orient de leurs fraîches clartés. Étonnent tout à coup l'œil qui les a comptés.
(Les Étoiles.)
L'ode à Bonaparte, inspirée par l'ode italienne de Manzoni, et les Préludes comptent parmi les pièces les plus significatives du recueil, en ce qu'elles trahissent chez Lamartine une préoccupation toute nouvelle de virtuosité. Désormais il se sent, il tient à se montrer un artiste: « La poésie n'était plus pour moi qu'un délassement littéraire, écrira-t-il plus lard, et non sans quelque exagération, à propos des Préludes ; ce n'était plus le déchirement sonore de mon cœur. J'écrivais encore de temps en temps, mais comme poète, non plus comme
homme J'étais devenu plus habile artiste, je jouais avec
mon instrument. » Non qu'il renonce au.\ négligences, au\ impropriétés, aux défauts de style dont s'accommodait trop souvent sa paresse d'improvisalt.-ui' : bien qu'il se fût promis de donner « moins prise à la critique de mots » dans ce second volume que dans le premier, les taches de cette nature y sont peut-être plus nombreuses, et lui furent vivement reprochées. Toutefois la diversité voulue des inspirations, l'extrême variété des rythmes, non seulement d'une pièce à l'autre, mais au cours d'une même pièce (Les Préludes, Chant