Batbul. Nom arabe du rossignol
75. Les cornes des béliers. Attribut légendaire des prophètes, de Moïse en particulier. C'est un symbole do puissance.
7G. Prophètes: interprètes ins[)irés des dieux (cf. v. 91). Il s'agit det poètes autant et plus que des prophètes proprement dits ; mais Lamartine attribue la même origine et le même caractère aux deux sortes d'inspir» tion. Cette assimilation était courante dans l'antiquité (cf. le latin vales).
81. Remontants : renaissants ; sans doute par allusion au lever du soleil.
FRAGMEiiT DU LIVRE PRIMITIF 233
S'il vous dit que le ciel, dont il est l'interprète,
A mis entre ses mains la foudre ou la baguette,
Oue la marche des cieux se suspend à sa voix,
( )ue la sainte nature intervertit ses lois,
< »ue la pierre ou le bois lui rendent des oracles, ç^
l'.t que pour la raison il est d'autres miracles
(^Hie l'ordre universel, constant, mystérieux,
Où la volonté sainte est palpable à nos yeux ;
S'il attribue à Dieu l'inconstance de l'bomme.
Par les noms d'ici-bas si sa bouche le nomme, loo
S'il vous le donne à voir, à sentir, à toucher,
S'il vous l'ait adorer le marbre de sa chair,
Étouffez dans son cœur cette parole immonde I
La raison est le culte, et l'autel est le monde.
92. La foudre. Moïse, dans la Bible, attire d'un geste le feu du ciel sur l'Egypte et l'arrête d'un autre geste (/sxcc/a, IX, 35-33). — La bajuetle : la verge mir.-iculeusc des prophètes. Cl". XX.X, iS/.
g3. Comme lorsque Josué arrête la marche du soleil (Josué, X, ij-i3).
93. La pierre ou le bois : des objets, des idoles de pierre ou de bols. — Lai : pour lui, à son commandement.
101-102. Toucher, chair. Rime normande. Cf. XXVI, iSi-iSa ; XLIV, dg-Do. — Le marbre de sa chair. Des statues (de marbre) qui le représentent comme un être de chair.
io4. Ce passage si peu conforme à l'orthodoxie catholique, puisqu'il nie l'authenticité des miracles et condamne même une partie du culte, est un de ceux qui valurent à Lamartine l'accusation d'avoir attaqué le christianisme. Voici sa réponse : « Il n'entrera jamais dans ma pensée d'attaquer l'ineffable doctrine où le christianisme a retrempé, rajeuni et divinisé l'esprit humain... Le christianisme a été la vie intellectuelle du monde depuis dix-huit cents ans, et l'homme n'a pas découvert jusqu'ici une vérité morale ou une vertu qui ne fussent contenues en germe dans les paroles évangéliqucs... Je considère le christianisme comme la plus vaste et la plus pure émanation de révélations divines qui aitjamais illuminé et sanctifié l'intelligence humaine. Mais cela ne veut pas dire que je foule aux pieds ou que je veuille éteindre en moi cette autre révélation permanente et croissante avec les temps, que Dieu fait rayonner dans la raison... La religion et la raison doivent concorder ; il faut que l'intelligence trouve en elle-même la sanction et l'admiration de sa foi. La conscience obéit mal lorsque l'esprit doute. Vouloir cette union complète de la raison et de la religion dans l'œuvre d'adoration et de sanctification qui est l'œuvre de l'humanité par excellence ; vouloir que l'homme entre avec ses facultés tout entières dans les sanctuaires, et qu'il
;io6 LA CULTE D UN ANGE
Vous n'arracherez pas la branche avec le Iruit; Gloire à la main qui sème, honte à la main qui nuit! Vous ne laisserez pas la terre aride et nue, Car nos pères par Dieu la trouvèrent vêtue. Que ceux qui passeront sur votre trace un jour Passent en bénissant leurs pères à leur tour !
« Vous ne parcourrez pas la terre nourricière En secouant après de vos pieds la poussière, Comme les animaux qui ne travaillent pas Et broutent en cominm ce qui croit sous leurs pas. Vous l'aimerez d'amour comme on aime sa mère ; Vous y posséderez votre p.'ace éphémère, Comme, au soleil assis, des hommes tour à tour Possèdent le rayon tant que dure le jour.
« Vous la partagerez entre vous, à mesure Que vous aurez besoin d'ombre et de nourriture : A ceux-là la colline, à ceux-ci le vallon. Vous la limiterez d'une borne et d'un nom,
ne laisse pas sa raison à la porte de ses temples comme le maliométan laissa ses sandales pour les retrouver après la prière ; vouloir rpio la raison soit religieuse et que la religion soit rationnelle, est-ce là aUatpier le cliristianisnie, ou n'est-ce pas plutôt lui préparer un règne plus unanime et plus absolu ?... » {Avertissement de la Chute d'un Ange).
JI2. En secouant la poussière. Sur cette expression, v. V, 4i et la note.
ii8. Le rayon. V. XIX, i (note).