‹ PoésieChapitre 243 sur 274 · FRAGMENT DU LIVRE PRIMITIF · texte numérisé non relu

FRAGMENT DU LIVRE PRIMITIF

Afin que sa vertu ne dorme pas oisive, Mais qu'elle aime à son tour la main qui la cultive, i que l'arbre croissant pour la postérité ,,5

i-^e aux petits enfants l'amour qui l'a planté!

« Croissez et pullulez comme des grains de sable,

Sans crainte d'épuiser sa source intarissable,

Ni que ces mamelons, par vous multipliés

Tarissent sous vos mains ou manquent sous vos pieds ; i3o

Car celui dont le doigt compte ses créatures

Sait le nombre d'épis dans vos gerbes futures ;

Il sait combien de lait la mamelle contient :

Plus on presse le sein, enfants, plus il en vient.

Par un inconcevable et maternel mystère, i35

L'homme en la fatiguant fertilise la terre ;

Nulle bouche ne sent sa tendresse tarir:

Tout ce qu'elle a porté, son flanc peut le nourrir

En êtres animés transformer sa substance

Semble l'unique fin de sa sainte existence, i4o

Et Dieu seul sait quel jour elle s'arrêtera ;

Et jusqu'alors toujours elle se hâtera.

ia3. Sa verta : sa. vertu moralisatrice. Comme l'expliquent les vers suivants, la propriété individuelle et familiale est, dans ces temps primitifs, un élément de progrès moral.

127. Croissez et pullulez. C'est le « Croissez et multipliez » de Dieu à Noé et à ses fils (^Genèse, IX, i). Quant à la comparaison avec les grains de salle, elle se trouve dans les promesses de Dieu à Abraham : « Je i'erai que ta postérité sera comme la poussière de la terre ; que si quelqu'un peut compter la poussière de la terre, il comptera aussi ta postérité. » (Id., XIII, 16).

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