‹ PoésieChapitre 246 sur 274 · FRAGMENT DU LIVRE PRIMITIF 2GI · texte numérisé non relu

FRAGMENT DU LIVRE PRIMITIF 2GI

Et les loups dévorants sortiront des forêts, Et la clièvrc et l'agneau se coucheront auprès, Et de tout ce qui vit la sagesse infinie Rétablira d'Éden la première harmonie I

« Vous n'établirez point de juges ni de rois

Pour venger la justice ou vo\is faire des lois ;

Car, si vous élevez l'homme au-dessus de l'homme,

De quelque nom sacré que le monde le nomiçe,

En voyant devant lui ses frères à genoux

Son orgueil lui dira qu'il est plus grand que vous, a4o

Il liera sur vos fronts le joug de vos misères ;

Vous aurez des tyrans où Dieu voulut des frères. »

233. Entendez: la sagesse infinie rétablira l'harmonie primitive de tout ce qui vit, telle qu'elle existait d;ms l'Eden.

aîa. M Dirai-jc un mot des non-sens politiques dont on m'a prêté l'intention à propos de quelques vers de cette huitième vision où le prophète dit à ces hommes primitifs et imaginaires : a N'ayez ni juges ni rois, et goua vemez-vous par la seule justice de vos consciences et par la seule force de a vos vertus I » On en a conclu que je ne voulais ni tribunaux, ni mécanisme social, ni gouvernement. On pourrait prêter la même intention de subversion anarchique à toute philosophie et à toute religion, qui disent aussi «ux hommes : « Soyez tous également parfaits, et, quand vous serez a parfaits, vous n'aurez plus besoin de lois écrites ni de juges rémunérateurs; a votre loi sera votre perfection même. » ... Mais si l'on suppose que, dans l'état connu et réel de l'humanité, je sois assez dépourvu de sens politique pour dire aux hommes : a Brisez ce magnifique phénomène de la société cite vile, chassez vos rois, destituez vos juges, licenciez vos forces et fiez-vous a à l'égoïsme individuel, à la désorganisation et à l'anarchie » ; en vérité, on me fait trop d'honneur en me répondant. Personne, j'ose le dire, n'a plus que moi le sens de la nécessité des gouvernements. Qu'ils s'appellent monarchies ou républiques, peu importe ; ... ils sont la forme de l'humanité et la condition de tous ses progrès ; ... et la tendance de tout esprit qui veut que les idées triomphent et que l'humanité grandisse est plutôt d'exagérer que d'énerver la force des gouvernements. Je confessa tout haut que c'est la mienne. » (^Avertissement da la Ghute d'un Ange).

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