‹ PoésieChapitre 252 sur 274 · Couvant : protégeant. — Cf. v. i · texte numérisé non relu

Couvant : protégeant. — Cf. v. i

Comme la poule encor couve mort son poussin. i4i. Quêter : chercher. Ne s'emploie guère avec ce sens qu'en termes da lasse.

i45. La plage où l'espoir avait lui. L'endroit où il a tout à l'heure aperçu des palmiers (v 68).

i/i8. Où son pied tombe : jusqu'où son pied tombe, c'est-.î-dire aussi loin qu'il peut porter son pied, en faisant des enjambées aussi longues que pos- ' sible.

i63. Ecumante ne porte pas sur brise, mais sur vague. Noter aussi le singulier montait. C'est comme si le poète avait écrit: ... montait, avec la brisa numide, la v^sue azurée.

Il détourna de l'eau sa bouche et son regard i65

Avant que Daïdha n'en eût goûté sa part ;

Il en remplit l'écorce, et reprenant sa route,

Tout tremblant que sa main n'en perdît une goutte,

Il courut le corps droit, les deux mains en avant,

Retrouva tous ses pas sur le terrain mouvant ; 170

Et de son amour mort voyant de loin le groupe,

Dans ses mains en criant il éleva la coupe.

Hélas ! à cette voix nulle ne répondit !

Vers les bras qu'il tendait nul bras ne s'étendit.

Daïdha sommeillait sur sa dernière couche. 17^

L'air ne frémissait plus du souffle de sa bouche.

Le lézard s'approchait ; la mouche et la fourmi

Parcouraient librement son visage endormi ;

Sur sa lèvre entrouverte on pouvait encor lire

Le sourire insensé de son dernier délire. 180

Les enfants en travers sur elle étaient couchés,

Leurs visages charmants à son corps abouchés :

On eût dit, à la fin d'une longue journée,

Aux cris de ses enfants la mère retournée.

En leur donnant le sein surprise de sommeil, i85

Et dormant avec eux seule et nue au soleil !

A l'immobilité de ce funèbre groupe

Il reconnut la mort, et, renversant la coupe,

Il regarda couler sa vie avec cette eau

Comme un désespéré son sang sous le couteau 1 190

Puis, se roulant aux pieds des êtres qu'il adore,

Et frappant <le ses poings sa poitrine sonore.

Pour bondir au hasard bientôt se relevant.

Tel qu'un taureau qui fait de la poussière au vent,

Il ramassait du sable en sa main indignée, ly''

Et contre un ciel d'airain le lançant à poignée.

Comme l'insulte au front que l'on veut olfenser,

Il eût voulu tenir son cœur pour le lancer !

i8a. Abouchés: tombés sur la bouche. C'est le premier sens du mot. i85. De sommeil: par le sommeil. Par analogie avec: accablé, épuisé de lommeil.

Page 1