XL LAMARTINE : ŒUVRES CHOISIES
La neige que le malin dore, Le soir qui s éteint sur la tour, Le liruil qui louibe et recommence, Le cyjjne qui nage ou s'élance.
Le Ircmissenicnt des cyprès.
Les vieux temples sur les collines, Les souvenirs dans les ruines, Le silence au fond des foréls ;
Les igrandes ouibrcs que déroulent ' Les sonmiels que l'astre a quittés,
Les bruits majestueux (jui roulent Du sein oraijeux des cites.
Les rciluts trendjlanls des étoiles, Les soupirs du vent dans les voiles, La foudre et son sublime effroi, La nuit, les déseris, les orages :
Et, dans tous ces accents sauvages.
Cette langue parle de toi,
De toi. Seigneur, être de l'être I
Vérité, vie, espoir, amour 1
De foi que la nuit veut connaître.
De toi que demande le j<iur,
De loi que chaque son nmrmure,
De toi que 1 immense nature
Dévoile et n'a pas délini.
De toi que ce néant proclame.
Source, abîme, océan de l'âme.
Et qui n'as qu'un nom : l'Infini !
(Paysage dans le Golfe de Gènes ^.)
D'une pareille hauteur le inonde apparaît vaste, splendida et simple. Toute peinture trop précise serait un onnlresens, toute image mesquine ou banale une manière de sacrilège. Les métaphores ossianesques ou mythologiques, qui de temps en temps, dans les Méditations, nous paraissent si démodées, ont fait place à ces comparaisons inagniliques, entièrement neuves, qui mettent en jeu toute la création et qui traduisent par e.xemple les sentiments de l'âme humaine au moyen des aspects de la nature :
Mon àme est un torrent qui descend des montagnes,
Et qui roule sans fin ses vagues sans repos
A travers les vallons, les plaines, les campagnes.
Où leur pente entraîne ses flots.
Il fuit quand le jour meurt, il fuit quand naît l'aurore; La nuit revient, il fuit; le jour, il fuit encore.
I. Comparez, dans nos extraits, le Chêne et l'Infini dans les deux i