‹ PoésieChapitre 37 sur 274 · LU LAMARTINE : ŒUVRES CHOISIES · texte numérisé non relu

LU LAMARTINE : ŒUVRES CHOISIES

flexions politiques (issues du spectacle des événeinenls de

Je creuse nuit et jour dans mes réflexions

Cet ahimc sanglant des révolutions.

Du grand corps social riMiiode ou maladie

Qui brise ou rajeunit la machine engourdie

Voici l'amour de la nature, et de la nature silencieuse et solitaire, qui d'abord suffit à jeter ce jeune C(eiu" ivre de luimême dans dineirables extases :

... Alors je sens en uioi dos voluptés si \ives,

Un si complet oubli des heures lugitives,

Que uion àiiic, à mes sens éclia[)piint qui-lqucfois, (

De son corps détaché ne sent pas plus le poids

Que le cygne, essayant son aile déjà l'orte.

Ne sent le poids léger de l'aile qui le porte.

j'aime dans ce silence à me laisser bercer,

A ne me sentir [)lus ni vivre ni penser,

A croire que l'esprit, qu'en vain le corps rappelle,

A quitté sans retour l'enveloppe mortelle.

Et nage pour jamais dans les rayons du ciel

Puis nait en lui un besoin encore obscur de société et do synipalbie (la scène catacléristique est celle où Jocelyn. sans être vu, observe de loin un couple de jeinics bergers); puis vient l'amitié, puis l'amour. Comme Elvire sur le chemin de Laniai line, Laurence se trouve sur le chemin de Jocelyn ; il l'aime parce qu'il a bi'soin d'aimer :

Mon cœur est trop rempli pour ne pas déborder, Et, si mon sort voulait seulement lu'accorder Un second cicur, un cnur vide et muet encore, Où la vie et l'amour ne fissent que d'éclore. Celte ardeur, que le mien ne peut plus renfermer, Sufiirait pour l'étreindre et pour le consume-r ; Je verserais en lui le trop-plein de mon àme ;

Sa ilamme servirait d'aliment à ma llanimc

Il semble qu'à mon être il manque une moitié.

Objet de cliasle auiour ou de sainte amitié ;

Que je marche à tâtons, que je sois dans ce mon. la

Une voix qui n'a pas d'écho qui lui réponde,

Un ivil qui dans un œil ne se ivlli'iliit pas,

Un corps qui ne répand point d ombre sur ses pas.

Et que, malgré co ciel, ce beau lieu qui m'enivre.

Vivre se<il c'est languir, c'est attendre de vivre 1

Après la cataslroplie, après le sacrifice, les mêmes thèmes reparaissent, avec un accent nouveau : la foi, mais |»lus morale et philosophique que mystique ; la nature, mais resserrée,

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