‹ PoésieChapitre 45 sur 274 · Servir, au sens fort : être esclave · texte numérisé non relu

Servir, au sens fort : être esclave

bb. A sa place : s'il est, s'il reste i sa place.

8 MF.DITATIONS l'OliTlOUCS

Aux regards de Celui qui iil 1 iujinensité L'iusçcle vaut un inonde : ils ont autant coûte I

Mais celte loi, dis-tu, révolte ta justice ;

Elle n'est à les yeux qu'un bizarre caprice, fio

Un piège où la raison trcbuclie à chaque pas.

Confessons-la, Bvron, cl ne la jugeons pas.

Comme toi ma raison en tc'uèbres abonde,

El ce n'est pas à moi de l'expliquer le monde.

Que Celui qui l'a fait t'explique l'univers : 6^

Plus je sonde l'abîme, hélas ! plus je m'y perds.

Ici-bas, la douleur à la douleur s'enchaîne.

Le jour succède au jour, et la peine à la peine.

Borné dans sa nature, inlliii dans ses vœux.

L'homme est un dieu tombé qui se souvient des cicu;c : 70

Soil que, déshérité de son antique gloire,

De ses destins perdus il garde la mémoire ;

Soil que de ses désirs l'immense profondeur

Lui présage de loin sa future grandeur.

Imparfait ou déchu, l'homme est le grand mystère. 7!)

Dans la prison des sens enchaîné sur la terre,

Esclave, il sent un cœur né pour la liberté ;

Malheureux, il aspire à la félicité;

Il vcvit sonder le monde, cl son œil est débile ;

Il veut aimer toujours : ce qu'il aime est fragile! 80

Toul mortel est semblable à l'exilé d'Edcn :

Lorsque Dieu l'eut banni du céleste jardin,

Mesurant d'un regard les fatales limites.

Il s'assit en pleurant aux portes interdites.

H entendit de loin dans le divin séjour fiS

L'harmonieux soupir de l'éternel amour.

Les accents du bonheur, les saints concerts des anges

Qui, dans le sein de Dieu, célébraient ses louanges ;

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