S'arrachant. Pour la consirnction, cf. IV, 12g (noie
io3. Ici commence une longue lir.irle Iri'S artificielle, où Lamartine s'attribue une série de démarches et d'attitudes imaginaires, et dont la principale inspiration doit probablement être chtrclice dans Manjred. Il est sensible que le poète se donne un rôle et joue au byronisme.
113. Passant les mers. Pure métaphore : m'adressant aux sages des pays lointains, par exemple à ceux de la Grèce.
117. Par qui. Emploi classique de qui avec la valeur « an neutre.
118. Déserts. V, I, 34 (note). —Newton, L'illustre physicien et fiir^.
iO MÉDITATIONS POETIQUES
Des empires détruits je mi'dilal la cendre;
Dans ses sacrés tonilieaux Rome m'a vu descendre; no
Des mânes les plus saints troublant le froid repos,
J'ai pesé dans mes mains la cendre des héros :
J'allais redemander à leur vaine poussière
Celle immortalité que tout mortel espère.
Que dis-jc ? suspendu sur le lit des mourants, f'-^
Mes regards la cherchaient dans des yeux expirants;
Sur ces sommets noircis par d'éternels nuages,
Sur ces flots sillonnés par d'éternels orages,
J'appelais, je bravais le choc des éléments.
Semblable à la sibylle en ses emportements, i3o
J'ai cru que la nature, en ces rares spectacles,
Laissait tomber pour nous quelqu'un de ses oracles :
J'aimais à m'enfoncer dans ces sombres horreurs.
Mais en vain dans son calme, en vain dans ses fureurs,
Cbeirhant ce grand secret sans pouvoir le surprendre, i^j
J'ai vu partout un Dieu sans jamais le conqjrcndrc !
nome Isn.ir. Ncwlon (1642-1726), qui découvrit et tlénionlra la loi de la ^ravilation univorselle. Lamartine n'étudia jamais l'astronomie, mais la conteinpl.ilifin (lu ciel ctoiln fut toujours pour lui la source démotions prol'onric^ ci il ardentes méditations (v. ci-dessous, \ III : la Prière, et XXVI : l'iiijini dans les cieuj.').
iif). Je métlUni la cendre. Construction anormale: le verbe méditer, avec Cl" sens, est d'ordinaire intransitif.
ii'iii'i. L.1 [ircmière rédaction était plus claire;
J'allais interroger cette vaine poussière Sur rimmorlalilé que tout mortel espère. - — Cf. l'ivriin, Manfrcd, acto H, se. 11: « Dans mes rêveries snlilnires, jn descendais au fond des caveaut rie la mort, peur étudier sa cause dans son ciïcl ; ol de ces ossements blanchis, de ces crânes, de cette poussière amoncelée, j'osais tirer des conclusions criminelles. »
127. Sur ces sommets... La suite des idées devient do nouveau difCcile à saisir. Cela provient, comme au vers 3i, d'une retouche maladroite du poète. Dans l'ébauche communiquée par Lamartine àAirieu.il y avait après le vers:
Mes regards la cherchaient dans des yeux expirante, deux lignes de points qui tenaient la pince d'un développriucnt absent ; en développcment(dc quatre vers au mininiuni) n'a pas été rétabli dans le texte définitif, et les points de suspension ont été remplacés par un simple point et virgide, qui di>simule mal la lacune.
i.'^o. Semblable se rapporte à la nature. — La sibylle. On donnait le nom de sibylles, dans 1 arilii[uité, à des prc>pbélesscs qui rendaient leurs oracles dans un état de délire cl de fureur qu'on attribuait .i l'inspiration divine. La pliiR célèbre était la sibylle de Cumes ; v. XXIX, 55.
i35-i3C. Sarprendic, comprendre. Lamartine fait assez souvent rimer en-