‹ PoésieChapitre 53 sur 274 · De loin. C'est-à-dire; d'avance, en imagination · texte numérisé non relu

De loin. C'est-à-dire; d'avance, en imagination

«0 MnniTATioNs por:TînuES

Los soupirs étou(T«'s d'une ainanle ou d'un frère Sus|)pndus sur les bords de son lit funéraire, \a

Ou l'airain gémissant, dont les sons épprdus Annoncent aux mortels qu'un mollicureux n'est plus !

Je te salue, ô Mort ! Libérateur céleste,

Tu ne m'apparais point sous cet aspect funeste

Que t'a prêté longtemps l'épouvante ou l'erreur ; i5

'ion bras n'est point armé d'un glaive destructeur,

'l'on front n'est point cruel, ton œil n'est point iierfide ;

Au secours des douleurs un Dieu clément te guide;

Tu n'anéantis pas, lu délivres : ta main,

(Jélesle messager, porte un flambeau divin. ao

Quand mon œil fatigué se ferme à la lumière.

Tu viens d'un jour plus pur inonder ma paupière ;

El l'Kspoir, près de toi, rêvant sur un tombeau,

Appuvé sur la Foi, m'ouvre un monde plus beau.

Viens donc, viens détacher mes cliaînes corporelles ! aTi

Viens, ouvre ma prison ; viens, prête-moi tes ailes ! Que tardes-tu? Parais ; que je m'élance enfm Vers cet Être inconnu, mon principe et ma lin !

— Qui m'en a détaché? Qui suis-je, et que dois-je être?

Je meurs, et ne sais pas ce que c'est que de naître. 3o

Toi qu'en vain j'i,nlerroge, esprit, hôte inconnu.

Avant de m'animer, quel ciel habitais-tu ?

Quel pouvoir t'a jeté sur ce globe fragile?

( kielle main t'enferma dans ta prison d'argile ?

Par quels nœuds étonnants, par quels secrets rapports, 35

Le corps tient-il à toi comme tu lions au corps?

i3. Libérateur céleste. C'est l'idce qui inspii'c tonte là Mort de Socrate(y. plus l)as, XII). — En personnifiant la mort, I.ainarlinc en l'ait un être masculin. Cf. X.VIII, 76 : vengeur appliqué à la Liberté.

18. Guide. Lamartine emploie très lihrcniont ce verbe, avec dilTércntes nuances de sens : cf. VIII, 77 ; XX, 5'i ; XX\ II, io3.

u'j. Même mouvement que dans La Fontaine, la Mort et le }[tilheureux : a Viens vite, viens finir ma fortune cruelle. » E^l-il utile de remarquer combien le sentiment dillère?

Page 1