L'astre du mystère. V. I, 1 1 (note
Dieu, pour le concevoir, a fait l'inlelligencc : Sous la nature cnlin découvre son auteur! Une voix à l'esprit parle dans son silence : Qui n'a pas entendu celte voix dans son cœur ?.
Primitivement intitulée Ode au Malheur, cette pièce, qui contient de fort beaux vers, l'ut composûo par Lamartine dans un accès de désespoir et de révolte, comme en ont parfois les cœurs les plus formes elles àmcs les plus pieuses (v. Introduction, p. xxv). Le poète avouait aussitôt après l'avoir faite que c'était « un blasphème d'un bout à l'autre « et ne parlait de rien de moins que de « l'anéanHr » (lettre à Virieu, i''' décembre 1818, Correspondance, t. I, p. 355). 11 la conserva pourtant et la publia, en y adjoignant une contrepartie, d'ailleurs médiocre: La Providence à l'Homme. — Les réfutations du Désespoir et les actes de foi ne manquent pas dans l'œuvre de Lamartine : voir, par exemple, dans les Méditations, la Prière (ci-dessous, VIII) et la Foi.
Lorsque du Créateur la parole féconde Dans une heure fatale eut enfanté le monde
Des germes du chaos, De son œuvre imparfaite il détourna sa face, Et, d'un pied dédaigneux le lançant dans l'espace,
Rentra dans son repos.
« Va, dit-il, je te livre à ta propre misère; Trop indigne à mes yeux d'amour ou de colère,
ïu n'es rien devant moi :
Roule au gré du hasard dans le^ déserts du vide ; Qu'à jamais loin de moi le Destin soit ton guide.
Et le Malheur ton roi ! »